de retour
Hier je suis revenue de mon grand parcours, j'ai pris les avions vladivostok - Moscou, Moscou - Munich, Minich - Paris, puis le train Paris - La Rochelle, retour a Paris, les avions Paris - Londres, Londres - Moscou, Moscou - Irkutsk (la ville pres du lac Baikal), et enfin Irkutsk - vladivostok. Me tete n'est pas encore revenue... Destination ailleurs...
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De retour
Ca fait une eternite que j'ai ecrit ici pour la derniere fois. Puis il y avaient des problemes de connexion. La vie va son train. Aujourd'hui il pleut ici, et le vent a casse mon parapluie. "Ici" ca veut dire a vladivostok, extreme-orient russe.
J'ai un truc a demander aux mecs gentils: ecrivez-moi des noms des arbres que vous connaissez, ceux qui poussent en France, j'en ai besoin pour mon boulot.
Merci de ne pas rigoler sur ma priere modeste.
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Monteur de Chapiteaux. Chapitre 1
Il a une cinquantaine. De belles rides. Mains avec un contour noir autour des ongles. Il me rappelle le personnage principal du film russe « L’été froid de 53 ». On est hors danger à ses côtés. Il m’a suffi dix minutes pour comprendre tout ça. Il est maigre et sombre. Une cigarette permanente entre les doigts. Un trou sur sa flanelle près de l’aisselle. Un regard moqueur et en même temps humilié. De bons yeux. Un peu bachkirs ou kazakhs, bien qu’il soit français. Il arrache de ma tête le capuchon de mon impérmeable en polyéthylène : « C’est pas la peine ! Il ne pleut pas ! » Comme une bénédiction.
Octobre 2007. Je fais partie d’une équipe intérnationale des bénévoles. On est venu à Guichen pour aider à monter les stands pour un salon de l’agriculture biologique. Je viens de la Russie, de la mer du Japon, et je n’ai aucune idée de l’agriculture biologique. On habite dans un tipi : six filles et quatre garçons. Louis, un français de Brest qui a 52 ans, dort dans une petite tente à part parce qu’il ronfle. Tous sont européens, sauf Foussy de Lesotho et moi. Sur la carte on mesure la distance entre Paris et Lesotho, puis entre Paris et vladivostok. vladivostok gagne. Ça m’énerve. « Elle est venue du bout du monde pour nous donner un coup de main ! ». Ça m’emmerde déjà cette attention. Je suis étourdie, tout me paraît irréel. Le matin au moment de sortir de mon sac de couchage je crève de froid. C’est octobre. Ça caille. On est tous enrhumés. Et malgré ça j’ai l’impression d’échouer dans une conte de fée. Je répète tout bas leurs prénoms magiques : Kaja, Elena, Tobias, Eva, Léo, Stéfania et je manque d’air. Nous sommes unis ici, à ce point de l’Univers aujourd’hui à une telle heure, et ça ne s’oubliera jamais, quoi qu’il arrive, même si nous devenons vieux, même si nous meurons, ces étoiles nocturnes de Guichen et ces herbes mouillées le matin et le soir sont à nous, à jamais.
Avant de venir ici, on a fait de la maçonnerie pendant huit jours au Sel-de-Bretagne, un tout petit village en pierre près de Rennes, dont le maire ressemble à un russe. On y a fait un muret et un puits. Mais peut-être on les a démolis après notre départ?
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