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Célibataire
princessekat

ah vienne et ces merveilleuses valses

bien qu'etant plusieurs fois convies a ce genre de spectacle j'ai plaisirs a vous les offirs.princessekat
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Célibataire
lartscenes

Une bonne soirée pour moi

Un repas leger dans un ptit bar sympa puis un spectacle (concert, théatre, danse... ), puis un dernier verre dans un autre bar.
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Célibataire
Arky62

Mes études!

Ben je suis actuellement en deuxième année de licence Arts du spectacle. Je vais poursuivre ma formation jusque dans la gestion de projets culturels, bref des termes peut être trop techniques pour certains. En gros, disons que je vais organiser des spectacles, des festivals, tout ça...

Et ça va, ça me plait donc c'est cool.
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Célibataire
blackshadow

soirée dansante

salut a vous , je vous propose samedi 27 une soirée flamenco avec paella andalouse et spectacle punch et sangria offerts le prix de la soirée est de 28 euros avec aussi vin et café a volonté . pour toute reservation : 06 63 53 99 79 cette soirée se trouve sur marseille 164 bd de plombieres
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Célibataire
caloumix

pitite biographie du calou!!!lol

salut!!
moi ma passion principale ,c'est la guitare et la batterie.
je joue depuis 15 ans dans different groupe en semi pro.
donc bcp de concert funk pop rock disco et latin!!
2 passion;le jet ski, etant ancien motard(et oui trop dangeureux),je me suis mis au jet et c'est bien cool!!!
voila ,je tiens une salle de spectacle/cinema
allez a plus pour plus d'info
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Célibataire
moumoune_du16

Je ne manque pas d'attraits et aime le rire, le sourire et la spontanéité

Pour mieux me cerner je suis veuf, donc je n'ai à rien à reprocher à personne, je suis maintenant seul et aimerais retrouver l'amour, la complicité, la tendresse..... Je suis animateur de soirée, de spectacle et donc j'aime le contact et la convivialité. Je souhaite rencontrer une compagne qui pourrais partager mon univers tant professionnel que personnel. Voilà ces quelques mots pour que vous puissiez m'imaginer .... sans me voir... à vous de voir...
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Célibataire
AxX

Mass Hysteria - La Canope

Le soleil est sur un prophète
Pour qui sait lever les yeux
Du tréfonds de son mal-être
Le poète admire les cieux

J'ouvre les ailes des moments les plus sublimes
Des versets lestent mon imaginaire
J'ouvre les ailes des moments les plus sublimes
Des vers célestes... originaires

Aux antipode de Babylone
Des ses codes, de ses castes si néfastes
Des épisodes d'une nouvelle donne
Bordent en couleurs nos contrastes

Quel est le jour que nous attendons
Celui dont certains rêvent et d'autres font ?
Quel est ce jour ?

J'ouvre les ailes des moments les plus sublimes
Des verstes lestent mon imaginaire
J'ouvre les ailes des moments les plus sublimes
Des vers célestes... originaires

Témoins de l'unique spectacle
Que nous insuffle la vie
Faut-il une plus forte claque
Pour réveiller les esprits?!

Quel est le jour..
I and irie!
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Célibataire
grithon

La fin des temps.

MalcomX disait qu'il y'a pire que la mort, c'est la trahison.
Mais la pire trahison n'était-elle pas celle que l'on s'inflige à soi même tous les jours?
En avançant dans la vie on agit de moins en moins en fonction de ce que l'on est, mais plutot en fonction de ce qui nous entoure.
Et au regard de ce qui nous entoure, on agit de moins en moins bien, je pense.

Il y'a un monde que j'ai connu et qui s'éloigne à chaque moment un peu plus, j'ai peur d'oublier ce monde là, car si je l'oubli, je me trahirais de maniére irréverssible.

Ce qui me retient d'aller rejoindre l'ami guy debord c'est ma famille et surtout ma fille, mais je caresse également ce doux espoir que le "spectacle" touche à sa fin.

Les signes sont là, aussi clairs que l'eau de roche pour celui qui veut bien se donner la peine de se pencher sur la question.
Et la seule question justement est de savoir si j'aurai la force d'attendre la fin des temps.


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Célibataire
bonsbaisersdecannes



J'AIME :

-Les enfants....
-Prendre mon 600 fazer , manger les KM à la découverte de nouveaux paysages, de lieux insolite et de se sentir libre....
-Mon pérroquet qui chaque matin me dit bonjour d'un air timide pour avoir sa cacahuette.....
-La musique ,les chansons,les tubes....année 80/90, RNB,zouc,variétés francaise et internationale....
-La mer,le sable blanc,les cocotiers,nager,bronzer et ne penser à rien....
-La campagne,la montagne,la neige ,chercher les champignons....
-Les chats pour leurs indépendance,les chiens pour leurs calins...
-Les gens ,pour ce qu'ils sont,pour leurs qualités humaines,pour parler,ecouter....
-Preparer des bons petits plats pour mes convives,et les voir dévorés :des gambas à la provencale ,un rizzoto aux cepes frais,une cote de boeuf aux milles épices......




J'AIME PAS :

-Les mythomannes
-Les egoistes
-Mon boss
-Drogués et alcooliques
-Trésor public




VOYAGES :

De St Martins aux plages magnifiques à la Thailande et ses big bhouda ,des Caribous magiques du Canada aux barrieres de corail des Maldives,de l'art fastueux Russe aux requins de Porto rico sans oublier la tour de Pise en Italie.....je peux dire qu'apres des milliers de KM à travers le monde ,il n'y rien de plus beau et magnifique que les voyages....
Mes prochains voyages : l'Inde, la Floride,Tahiti,le Pérou,faire un safari....





SPORTS :

-Natation
-Plongée sous marine
-V T T
-Cardio , musculation
-Scooter de mer ,bateau
-Fun board
-Moto
-Et bien d'autres encore......




MES SORTIES :

-Un repas en tete à tete...
-J'aime la danse ,salsa et rock puis de société...
-Une boite de temps à autre....
-Un pic nic dans la nature
-Un resto suivis d'un ciné...
-Un spectacle Russe ,Bresilien.....
-Un pub ,un apéro chez moi entre amis....
-Un scabble, un tarot,un tour de magie pour te voir disparaitre et réaparaitre...lol

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Célibataire
Kesselring

Envie.





Le quai s'éloigne. Le quai, sa masse grouillante d'humains pressés, sa foule d'odeurs et de bruits. Le hall de la gare, grand, vide malgré le trop plein de monde, silencieux malgré le vacarme de ses activités, tout cela s'éloigne en même temps que le quai gris. Comme une ballade jouée au piano, comme une promenade l'été, tout va lentement, n'accélérant que très peu et imperceptiblement. Quiétude du wagon, engoncé dans mon siège usé je parcours d'un oeil amusé le reste du compartiment : personne, si ce n'est une fille et ses deux chats. Deux adorables chatons, essayant a tout prix et à grand peine de sortir du sac qui leur est assigné. Je souris, inconsciemment. Le sourire en retour de la fille met du temps à m'atteindre. Le temps semble se figer proportionnellement a l'accélération du train, tout se déroule dans un moelleux apaisant.
Le glissement tranquille de ce gigantesque léviathan terrestre m'a toujours émerveillé, cette sinuosité, cette grâce claudiquante de ces monstres d'acier qui nuit et jour sillonnent des voies rouillées depuis longtemps. Relevant mon regard, je le tourne vers la vitre poussièreuse à mon côté ; aveuglé un instant par le soleil encore flamboyant dans sa course déclinante, je préfère attendre de m'habituer à cette luminosité. Rouvrant timidement et prudemment les yeux -comme un nouveau né songe-je non sans un certain amusement-, un son de piano inconnu résonne dans ma tête : des champs entiers de rails, d'aiguillonages, de wagons abandonnés, de poteaux indicateurs, de feux s'étendent aux environs de la gare, précédant les nombreux bâtiments, taudis, anciennes briqueteries, friches industrielles, par dessus lesquels se glissent langoureusement les dernier rayons du disque d'or, que l'on peut entr'apercevoir au détour d'un immeuble, d'une ruine. Tout glisse comme une musique tranquille, le wagon baigne dans cette lumière particulière, dans laquelle flottent des milliers de particules de poussières soulevées par les jeux des jeunes félins de ma voisine ; l'air bruisse du silence de cette tranquillité, et je me laisse prendre.
Des airs de jazz tournoient dans ma tête , et rien ne peut me décrocher de la contemplation de ce paysage. Je me sens tout simplement bien, et je ne pense à rien d'autre qu'à rester la une éternité, m'assoupir sur un spectacle pareil, pour ne plus jamais me réveiller. Retenir un instant aussi magique, l'emprisonner dans quelque bulle de rêve. Lentement, je me tourne vers cette fille, voulant l'ajouter à ce tableau idyllique, l'inclure ; elle est toujours là, souriante, tendre ; ses grands yeux rouges sont magnifiques, d'un rouge qui n'est pas sans rappeler le sang dégoulinant le long de sa labbiale inférieure ; si j'en crois mon regard, ce sang provient de la tête déchiquetée du chaton gris, toujours aussi mignon, son crâne incliné selon un angle qui me parait bizarre sur le moment.

Je hurle. Je hurle de tous mes poumons. Le compartiment est carmin. Il est plutôt rouge rouille me dis-je dans un éclair de lucidité presque cynique. Les parois suintent épais, des caillots se forment. Je dégouline de peur. Chaque goutte qui se faufile et glisse le long de mon épiderme est poisseuse, épaisse, lourde... Mon corps nu et jaunâtre, relevé par les veines bleues proéminentes un peu partout me congestionne l'estomac. Dans mes spasmes vomitifs, je vois la nuit au dehors, une nuit noire comme l'encre, noire comme le charbon, impénétrable et hostile, tandis que le train accélère toujours plus, sifflant et grondant, les bruits venant de l'extérieur aussi bien que du coeur de la machinerie qui semblait être devenue folle. Mon coeur bat en rythme, irriguant à grands coups mes muscles contractés et mes vaisseaux dilatés, mes yeux exorbités par la peur.
Et par cette chose qui rampait le long de ma jambe. Sueurs froides. Paralysie. La...langue montait, montait toujours, lentement mais sûrement, arrachant uniquement la peau au passage, laissant les tissus et autres viscères à nu, palpitant de douleur, recouverts de bave noirâtre. Faisant un effort pour tourner la tête vers la partie occupée du wagon, ma tête émet un horrible craquement dans une rotation pitoyable, la bouche béant de douleur. Nez à nez avec Silesia ; une peau morcelée d'écailles, cette langue qui pend et descend hors de mon champ de vision, et finalement, pas les deux yeux rouges : un seul, l'autre est noir comme les ténèbres s'étendant a l'extérieur.
Je pousse un grognement lorsqu'elle me saisit par des cheveux anormalement grands, et me jette d'une poigne de fer au sol, sur lequel je tombe lourdement, crachottant un ruisselet de sang qui se transforme rapidement en ruisseau, parsemé de dents juste arrachées, les nerfs encore déchirés de douleur. "Que peux tu voir dans mes yeux?" cette phrase me martele de l'intérieur."Que peux tu voir dans mes yeux?" se forge en moi."Que peux tu voir dans mes yeux" s'inscrivent en lettres flamboyantes, qui brulent."QUE PEUX TU VOIR DANS MES YEUX?" Souffrance ! Souffrance ! Dislocation ! Haine ! Sang ! Destruction ! Peur ! Souffrance ! Souffrance ! SOUFFRANCE !
La bouche écumante, de bave et de sang mêlés, elle me relève d'un doigt qui enfonce son ongle légèrement sous mon menton. Avec la désagréable sensation qu'elle aurait pu l'enfoncer plus. Le wagon tremble, des morceaux de visages distendus tombent du plafond, et des choses indistinctes roulent entre mes pieds, choses que je ne peux ni ne veux voir. Mes os craquent tandis que je traverse le wagon de part en part, lancé comme une poupée de chiffon au gré des plaisirs de Silesia. Je ne suis plus qu'une plaie béante, un gouffre de douleur, qui hurle sans s'en rendre compte, rejoignant les cris de tous les morceaux de ce train, les grincements et cliquetis des chaines le long des parois, des chaines le long de mon corp, des chaines qui baillonnent ma bouche tout en cisaillant ses coins.
Me coinçant contre le sol pierreux, la tête sous son pied, elle éclate de rire, un rire froid, tout en m'urinant dessus, déféquant par la même occasion, sans tenir compte de sa langue toujours enroulée le long de ma jambe gauche ; ma vue se brouille, mon estomac se soulève pour la seconde fois lorsqu'une tarentule verdâtre descend le long de cette langue, sortie de cette bouche a l'aspect putréfié, et qu'elle se met à parcourir mon abdomen. Congestions. Sursauts. Révolte affaiblie qui se perd dans mes gargouillis, qui se noie dans le magma informe qui jonche le sol, fluides corporels, sang, bave et autres liquides innomables.
Relevé péniblement pour la seconde fois de la même manière, conduit vers la vitre. Je ne comprends pas. Ma tête se déplace à une telle vitesse vers cette vitre, qui se rapproche, se rapproche...La vitre explose sous la pression de mon crâne, en même temps que mon nez pour la deuxième fois, et tandis que les éclats de verre me transpercent le visage et me crèvent l'oeil droit, je sens cette main à la texture de parchemin vieilli me ressaisir. Lancé. Son chuchotement à l'oreille me fait sursauter, ce qui m'étonne encore moi même.
"Le quai approche.Le quai approche.Le quai approche".

"Pardon ! Le quai approche ! Désolé de te réveiller mais j'ai pensé que tu ne voudrais pas louper l'arrêt." Le soleil me heurte. Me perfore l'oeil droit. Un des chatons me grimpe sur la jambe.
"Ce n'est rien, merci" grogne-je. Un regard autour de moi, tout parait normal. Et pourtant mon nez me lance.
Descente du train. Descente des escaliers. Dans le couloir aux lumières électriques assommantes, je la rattrape, la plaque au mur. L'embrasse. Lui prend la tête dans mes mains. Et la fracasse contre le mur. Encore et encore, jusqu'à ce que le mur soit rouge, et la cervelle a vif.
Tout en la mangeant, je lance à sa face encore figée par la surprise : "que peux tu voir dans mes yeux? Hein?" Seule l'obscurité me répond.

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Célibataire
yakapa

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.

En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.

Qu’ai-je alors entre mes bras ?

Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.

Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance – seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !

Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l’autre par l’amertume de l’avarice qui se nourrit d’elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l’orgie et l’ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n’est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d’une excuse : le pardon. L’idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas en compte ma liberté est trompeuse, qu’elle n’est que l’image réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit : Perds confiance, car chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n’est qu’une trêve entre deux jours.

Mais l’humanité n’a que faire d’une consolation en forme de mot d’esprit : elle a besoin d’une consolation qui illumine. Et celui qui souhaite devenir mauvais, c’est-à-dire devenir un homme qui agisse comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir la bonté de le remarquer lorsqu’il y parvient.

Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l’éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n’est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure – et quelle misérable consolation, qui n’enrichit que les Suisses !

Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m’entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l’eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors le sentiment humain de sécurité si ce n’est une consolation pour le fait que la mort est ce qu’il y a de plus proche de la vie – et quelle misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu’elle veut nous faire oublier !

Je peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant donné que je cherche à m’assurer que ma vie n’est pas absurde et que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en un livre et je l’offre au monde. En retour, celui-ci me donne la richesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la littérature – je ne désire que ce que je n’aurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touché le cœur du monde. Que devient alors mon talent si ce n’est une consolation pour le fait que je suis seul – mais quelle épouvantable consolation, qui me fait simplement ressentir ma solitude cinq fois plus fort !

Je peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement, prends ce que tu désires et n’aie pas peur des lois ! Mais qu’est-ce que ce bon conseil si ce n’est une consolation pour le fait que la liberté n’existe pas – et quelle impitoyable consolation pour celui qui s’avise que l’être humain doit mettre des millions d’années à devenir un lézard !

Pour finir, je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !

Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font qu’accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car, à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites.

Mais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l’indépendance. On dirait que j’ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d’être un homme libre, et c’est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m’aperçois que toute ma vie semble n’avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m’apporter la liberté m’apporte l’esclavage et les pierres en guise de pain.

Les autres hommes ont d’autres maîtres. En ce qui me concerne, mon talent me rend esclave au point de pas oser l’employer, de peur de l’avoir perdu. De plus, je suis tellement esclave de mon nom que j’ose à peine écrire une ligne, de peur de lui nuire. Et, lorsque la dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l’oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par devenir l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine.

Mais, venant d’une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s’approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l’heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s’étioler. Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui peut alors exister ?

Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n’a le droit d’exiger de la mer qu’elle porte tous les bateaux, ou du vent qu’il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n’a le droit d’exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n’est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l’on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.

Ce n’est qu’en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n’atteint que les ouvrages avancés de ma vie.

Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.

Je peux même m’affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne peux me libérer de l’idée que la mort marche sur mes talons et encore moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu’elle constitue en me dispensant d’accrocher ma vie à des points d’appui aussi précaires que le temps et la gloire.

Par contre, il n’est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment arrivera où je devrai me retourner vers la terre et faire face aux organisateurs de l’oppression dont je suis victime. Ce que je serai alors contraint de reconnaître, c’est que l’homme a donné à sa vie des formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent sur l’homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden – mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même – mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre.

===> Stig Dagerman, auteur suédois, mort trop tôt par choix personnel, une étoile filante de la littérature, un esprit saturé par le mal et où un esprit se meurt - un peu de moi en ce moment, un désespoir sans consolation possible, écorchée sans croyance ou espoir ... comme beaucoup d'entre nous en fait !
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