j aime sortir etre en famille je fait du rugby bouffe entre copains
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j'adore la vie
jeune mec coll,souriant,plein de gaite,sportif,adorant la lecture,sortir avec des copains,et surtout tres tres bosseur...
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Mes dernières vacances
euh j'étais en tunisie avec une copine et des copains...jet sky,tous le temps sur la plage...restos,massages,boites,chichas...des bonnes vacances quoi
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premier contact
la journée fut calme, premier jour de fin de semaine, il faut décomprésser. ce midi apéro avec les copains et soirée avec mes chats. je les adore, ils sont deux (frère et soeur) stérilisés bien sûr.
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my life
j'aime faire du sport nottamen de la course à pieds et de la musculation ça me prend 2h par jours en moyenne.j'aimpe sortir avec des copains en boite au cinema. quand j'ai une copine j'aime bien l'enmené ou elle veut et je fais tout pour que se soit romantique
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Ce qui me fait rire
nicolas sarkozy, les gens qui se prennent au sérieux, mes qualités artistiques, les agents immobilier, les films d'horreurs, Bernard Henri Levy, mes copains. les footballeurs, un enfant pété de rire. ma musculature, les blagues a deux balles, les mechants dans les feuilletons americains, et plein d'autres trucs encore.
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J'aime la magie là où elle existe
ENFANT, chiens, chats, rats et bazar chez moi. copains D’ABORD à portée de tél., de mail, ou de pizza. ADMIRE : vies blessées pas aigries, honnêteté face aux miroirs, tous êtres, livres, films, spectacles, raviveurs de feu et désespoirophages. HONNIS : injustice, panurgerie, mode et préjugés. + trop le temps soi-disant de penser à l'AMOUR mais s'il existait, il faudrait qu'il croit encore un peu en ses semblables pour me toucher et qu'une grande bienveillance habite son regard.
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Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d'une machine à sous, avec des problèmes d'hommes simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors, on boit un verre, en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l'on se dit qu'il est bien tard...
Richard, ça va ?
Nous avons eu nos nuits comme ça moi et moi
Accoudés à ce bar devant la bière allemande
Quand je nous y revois des fois je me demande
Si les copains de ces temps-là vivaient parfois
Richard, ça va ?
Si les copains cassaient leur âme à tant presser
Le citron de la nuit dans les brumes Pernod
Si les filles prenaient le temps de dire un mot
A cette nuit qui les tenait qui les berçait
Richard, ça va ?
A cette nuit comme une sœur de charité
Longue robe traînant sur leurs pas de bravade
Caressant de l'ourlet les pâles camarades
Qui venaient pour causer de rien ou d'amitié
Nous avons eu nos nuits...
Richard eh ! Richard !
Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d'une machine à sous avec des problèmes d'hommes, simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors on boit un verre en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l'on se dit qu'il est bien tard...
Richard ! encore un p'tit pour la route ?
Richard ! encore un p'tit pour la route ?
Eh ! m'sieur Richard encore un p'tit pour la route ?
Allons ! Richard... Richard... encore un p'tit !
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Mes sites préférés
"copains d'avant" ! Trop fort ce site : tu retrouves tes potes que t'as connu dans les différents établissements scolaires et professionnelles que tu as fréquenté. Et puis, tu peux mettre des photos, mettre un peu ce que tu es devenu depuis tout ce temps, tes passions, ....
Tu peux envoyer des mails aux personnes que tu reconnais, et après vives les retrouvailles !!!! Moi perso, je suis trop contente que ce site existe car j'ai retrouvé des ami(e)s d'enfance qui me sont chers, et ça fait du bien de savoir ce qu'ils sont devenus !
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La bête tapie dans l'ombre
Toujours tapie au fond de moi, la bête guette.
Je me retrouve séparé dans un appartement en sous-location à Paris. C'est un peu dur, mais j'ai un toit pas trop cher. Mes enfants sont restés avec leur maman à Montargis, je continue à payer l'emprunt de la maison et les impôts locaux. J'allais les voir un soir par semaine et un weekend sur deux, mais depuis que mon ex à un petit ami je ne suis plus le bienvenu, même si après avoir réexpliqué longuement mon point de vue, mon ex à compris pourquoi je ne voulais pas que son copain vienne passer les weekends dans la maison familiale. Je vois mes enfants en théorie deux weekends sur trois. C'est peu, je rate tout de leur quotidien, les petits chagrins, les devoirs, les histoires avec les copains.
J'avais espéré que cette situation de "zone neutre" (la maison) pourrait perdurer mais ce n'est pas possible. J'en souffre dans mon coeur (c'est trop dur de retourner là bas) et dans mon portefeuille (je ne peux pas me loger décemment en payant tout ça). Décembre 2008, je mettrai la maison en vente. Chacun reprendra ses billes et à bon entendeur ...
Je ne sais pas ce que je vais devenir. J'ai peur de l'avenir, j'ai peur de ne pouvoir, avec la moitié de mon capital, trouver un logement à Paris dans lequel je pourrais héberger mes enfants sans camper. J'ai peur d'être obligé de retourner en banlieue lointaine. J'ai passé 10 ans à faire des trajets lourds (au moins 2h aller) et je suis fatigué. Je voudrais ne pas vivre trop loin de mon travail. Avoir un peu de temps pour vivre. Je sais que par certains cotés je suis privilégié. Je ne dis pas ça pour me plaindre, c'est juste que je fatigue.
Coté coeur, je ne sais pas non plus ce que je vais devenir et cela m'inquiète également. Je connais une fille formidable avec qui j'essaye de recréer quelque chose et même si maintenant j'arrive à exprimer mon amour, il y a quelque chose de cassé. Dans ma première relation je m'étais livré sans restrictions, entièrement, j'étais vraiment parti sur "c'est la femme de ma vie", sur un "toujours". Maintenant que c'est devenu un "jamais", et même si j'arrive à avancer doucement, il y a une couche de protection qui s'est déposée à ma surface et qui m'empêche de me lancer complètement. Une peur de me replanter sûrement.
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humiliation
Lucie est une lycéene agée de 16 ans !
Elle est folle amoureuse de Jason, un terminal ES de 19 ans!
Mais elle n'ose l'approcher !
Un jour, en discotheque Lucie le rencontre par hasard sur la piste de danse !
Ils dansent sensuellement !
Lucie est aux anges !
Plutard Jason lui propose de lui offrir une coupe de champagne!
Elle accepte!
Elle n'aurait jamais cru qu'un jour son rêve se réaliserait !
Lucie reste sur la piste de danse pendant que Jason lui va chercher les verres !
Elle ne remarque rien ... Lucie boit son verre !
Elle a une confiance aveugle envers Jason !
A la fin de la soirée, Lucie n'a plus conscience de rien !
Elle plane !
Jason entraine Lucie dans sa voiture !
Lucie se débat comme elle peut !
Mais elle est sous l'effet de la drogue!
Jason la viole!
Il appelle ensuite ses copains !
Lucie ne peut s'échapper!
Elle est attachée !
Un autre la viole puis 2 puis 3 !
En tout 9 garçons l'ont violée !!
Ils lui enfonce des objets de 17 cm dans le vagin !
Un des garçon a essayé de lui enfoncé un bout de bois !
Un autre une bouteille de champagne !
Ils l'obligent à leur faire des fellations, ils lui font faire des choses inssancées !!
Elle n'en peut plus ...
Elle pleure, elle crie, elle prie pour que quelqu'un l'entende ... Mais rien ...
Le matin se lève et Lucie est toujours entre les mains des hommes ...
Elle est insultée de "Sale ..." de "Fille Facile" de "..." .. Elle est a bout!
Elle n'entend que des "T'aime ça!!?Hein ?
Ouais dit le que tu aimes ça !.."
Quelques heures plus tard, ils jettent le corps nu et abimé de Lucie dans un fossé en pleine campagne !
Lucie crie !
Elle est incapable de marché .... et elle s'évanouit !
Quand elle se réveille, elle est a l'hopital !
Ses parents et son frere sont auprés d'elle ...
Sa mère est en larmes et son père en colère !
Le médecin, lui apprend qu'elle était dans le coma depuis 2 mois !
Et qu'elle est enceinte !
Lucie veut mourir !
Elle se sent sale, humiliée...
Son père lui apprend que les garçons ont été retrouvés!
En effet pendant que Lucie se faisait violer quelqu'un avait tout entendu mais il n'osait l'aider !
Le procés devait avoir lieu dans 2 jours!
Ce jour là, le tribunal libère les garçon pour faute de preuves !
Lucie n'en croit pas ses oreilles !
Ses parents n'ont plus !
Le soir même, Lucie dégoutée par la vie...
se suicide...
C'est vraiment dégueulasse, y a vraiment aucune justice !!!!
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POUR METTRE EN GARDE LES JEUNES FILLES ET FEMMES QUI SORTENT SEULES
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Le TOP 40 des erreurs masculines au lit
Le TOP 40 des erreurs masculines au lit
Erreur n°1 : NE PAS EMBRASSER D'ABORD
Fuir les lèvres de sa partenaire et plonger directement vers les zones érogènes lui fera penser que vous avez payé à l'heure et que vous comptez rentabiliser au mieux votre investissement en shuntant ce qui n'est pas essentiel. Un baiser passionné est la base fondamentale des préliminaires.
Erreur n°2 : SOUFFLER TROP FORT DANS SON OREILLE
Admettez que quand vous étiez gosse à l'école, des copains vous ont raconté que les filles aimaient ça. C'est vrai parfois, mais il y a une différence entre émettre un léger souffle érotique et souffler comme si vous deviez éteindre les bougies de votre gâteau d’anniversaire. Ca, ça fait mal.
Erreur n°3 : NE PAS SE RASER
Vous oubliez parfois que vous avez un hérisson attaché a votre menton, et que vous ratissez à plusieurs reprises la peau douce et sensible du visage et des cuisses de votre partenaire. Quand elle tourne sa tête d'un côté à l'autre, ce n'est pas par passion, c'est pour éviter la "râpe à fromage".
Erreur n°4 : PELOTER SES SEINS COMME UN CON
La plupart des hommes se conduisent comme une ménagère en train de palper des melons pour savoir s'ils sont murs avant de les acheter. Touchez-les doucement et caressez-les, on n'est pas au marché !
Erreur n°5 : MORDILLER SES TETONS
Pourquoi les hommes se ruent-ils sur les tétons des femmes, et les pressent-ils ensuite comme s'ils essayaient de dégonfler le corps de leur partenaire par les seins? Les mamelons sont extrêmement sensibles. Ils supportent difficilement le mâchonnage et le mordillement. Léchez-les, sucez-les doucement. Donnez-leur quelques coups de langue, mais surtout, ne les prenez pas pour des jouets pour chiens en caoutchouc.
Erreur n°6 : NE TRIPOTER QUE SES MAMELONS
Arrêtez de faire ce truc qui consiste à tripoter les mamelons entre le doigt et le pouce comme si vous essayiez de trouver une station de radio. Concentrez-vous sur les seins dans leur ensemble, et pas seulement sur les points d'exclamation.
Erreur n°7 : IGNORER LES AUTRES PARTIES DE SON CORPS
Une femme n'est pas simplement une autoroute avec trois sorties: Sainte-Poitrine Est et Sainte-Poitrine Ouest, et le Tunnel de la ville basse. Il y a d'autres secteurs de son corps que les hommes ignorent bien trop souvent parce qu'ils sont obnubilés par la Porte Vaginale. Il est temps d'accorder à tout son corps l’attention qu’il mérite.
Erreur n°8 : LA MAIN PRISE AU PIEGE
Une dextérité manuelle défaillante dans la région du bas-ventre peut aboutir à un emmêlement de doigts dans la petite culotte. Si vous avez deux mains gauches à ce point, pourquoi ne pas lui demander de retirer ce qui vous gêne?
Erreur n°9 : LAISSER UN SOUVENIR
La destruction/élimination du préservatif usager est de la responsabilité de l'homme. C'est lui qui le porte, c'est lui qui le jète.
Erreur n°10 : FAIRE LE BOURIN SUR LE CLITORIS
La pression directe est très désagréable; préférez plutôt un léger mouvement rotatif de chaque coté du clitoris.
Erreur n°11 : FAIRE UNE PAUSE
Les femmes, à la différence des hommes ne "reprennent" pas là où elles se sont arrêtées. Si vous arrêtez, elles retournent à la case départ très très vite, alors un conseil : Même en cas de passage à vide, continuez à tout prix, que vous ayez la mâchoire engourdie ou des crampes dans les bras.
Erreur n°12 : LA DESHABILLER DE FACON MALADROITE
Les femmes détestent avoir l'air stupide, mais c'est pourtant l'air qu'elles auront lorsque, toutes nues des pieds à la taille elles se retrouveront avec un chemisier collé sur la tête faute d’avoir oublier d’ouvrir le bouton du haut. Effeuillez-la comme une jolie rose, pas comme le vulgaire emballage d'un cadeau de gosse.
Erreur n°13 : PRENDRE SA CULLOTTE POUR UN FIL A COUPER LE BEURRE
Mettre la main dans son slip pour la caresser pendant les préliminaires, ça peut être très sexy. Mais tirer sa culotte entre ses cuisses ou même d’avant en arrière, ça ne l'est pas du tout.
Erreur n°14 : L'OBSESSION VAGINALE
Bien que la plupart des hommes puissent trouver le clitoris sans avoir une connaissance pointue de l’anatomie du sexe faible, ils pensent tous que le vagin est le seul truc important ici bas. A peine votre main est-elle dans l'entrejambe qu'on a l'impression que vous essayez de bourrer une cheminée avec des billets de banque volés. Pour le principe, c'est OK, mais si vous y allez "comme un bœuf", vous pouvez endommager la machine ; alors de grâce, ne faites pas la brute. Il est conseillé de prêter plus d'attention à son clitoris et l'extérieur de son vagin d'abord, ensuite vous lui glisserez doucement un doigt et elle vous fera savoir si elle aime (en général, elle aime).
Erreur n°15 : LUI FAIRE UN MASSAGE TROP VIGOUREUX
Préférez un massage sensuel qui lui procurera beaucoup de détente et la mettra dans l'humeur. Pour cela, utilisez vos mains et le bout de vos doigts : mais vouloir la faire mouiller en lui massant le clitoris avec votre genou pendant que vous lui roulé des pelles et lui peloté les nichons n’est pas une idée géniale.
Erreur n°16 : LA DESHABILLER TROP TOT
Ne forcez pas le mouvement en la déshabillant avant qu'elle n'ait au moins donné quelques signes d'intérêt envers vous, même s'il ne s'agit que d'ôter quelques boutons.
Erreur n°17 : GARDER SES CHAUSSETTES
Un homme en caleçon et chaussettes n'est pas du tout à son avantage. Pensez à enlever vos chaussettes d'abord.
Erreur n°18 : BRULER LES ETAPES
Quand vous vous êtes introduit en elle, la pire chose à faire est d'entamer l'imitation du piston dans le cylindre d'une moto de compétition. Elle aura tout de suite l'impression désagréable de n'être que l'outil de votre plaisir. Montez en régime lentement (un travail au petit bord est du meilleur effet) avec quelques accélérations profondes et bien menées.
Erreur n°19 : PERCUTER COMME UN PREMIERE LIGNE DANS UNE MELEE
Si vous lui plaquez les os de votre bassin dans sa cuisse ou dans son estomac, la douleur sera équivalente à deux semaines d'équitation concentrées dans quelques secondes
Erreur n°20 : JOUIR TROP TOT
C'est la crainte de chaque homme... Et avec raison! Si vous tirez avant d'avoir pu voir le blanc de ses yeux, assurez-vous d'avoir un plan de secours pour lui assurer son plaisir à elle.
Conseil : quand vous sentez que ça vient, pensez à une grosse moche (on en connaît tous une).
Erreur n°21 : PEINE A JOUIR
Il peut vous apparaître que faire du ça-va-ça-vient pendant une heure sans jouir est la marque de fabrique du dieu sexuel, mais pour elle c'est probablement plus le signe annonceur d'un vagin engourdi. Achetez au moins quelques toiles de maîtres que vous disposerez sur les murs, qu'elle ait au moins quelque chose pour tenir son attention pendant que vous jouerez l’homme de fer.
Erreur n°22 : DEMANDER SI ELLE A JOUIT
Vous devriez vraiment être capables de le voir. La plupart des femmes vous le font savoir "au bruit". Mais si vous ne savez vraiment pas, et bien, ne demandez pas.
Erreur n°23 : LUI FAIRE UN cunnilingus TROP SOFT
N'agissez pas comme un gros chat avec une soucoupe de lait (ou comme les gouines dans les films X). Plaquez votre bouche entière sur la zone et concentrez-vous ensuite sur des mouvements de rotation ou des petits coups secs de votre langue sur son clitoris.
Erreur n°24 : LUI POUSSER SA TETE VERS LE BAS
Les hommes adoptent cette manière de faire dans l'espoir que la femme comprendra qu'elle doit prendre le pénis dans sa bouche. Toutes les femmes détestent cette façon de "forcer la main". C'est exactement comme l'homme de Cro-Magnon qui traînait la femme par les cheveux pour l'amener dans sa caverne. Si vous voulez qu'elle se serve de sa bouche pour vous satisfaire, utilisez la votre; essayez de lui demander d'une manière séduisante.
Conseil : il ne sert à rien de s’éterniser avec une gonzesse qui ne suce pas, la vie est bien trop courte ! ! !
Erreur n°25 : OUBLIER DE LA PREVENIR AVANT D'EJACULER LORSQU’ELLE VOUS SUCE
Le sperme a un goût d'eau de mer mélangée avec du blanc d'œuf. C'est un goût qui n'est pas forcément apprécié de tout le monde. Quand elle vous fait une fellation, avertissez-la avant de venir, c'est la moindre des choses.
Remarque : si malgré l’avoir prévenue, elle continue à pomper avec ardeur dans l’espoir d’en avoir plus, c’est que vous avez tiré (sans jeu de mot) le bon numéro.
Erreur n°26 : BOUGER PENDANT LA FELLATION.
Ne poussez pas. C'est elle qui fera tout le travail pendant la turlutte. Restez couché là sans bouger... Et surtout, ne saisissez pas sa tête!
Erreur n°27 : PRENDRE EXEMPLE SUR LES FILMS PORNOS
Dans les films de boules, les filles semblent beaucoup apprécier les cumshots (ou éjacs faciales comme disent les professionnels du circuit). Dans la vraie vie, ça donne surtout un peu plus de linge à laver.
Erreur n°28 : LA FAIRE RESTER AU DESSUS PENDANT UNE ETERNITE
Lui demander de se mettre au-dessus est une bonne idée (ça lui donnera l’impression de dominer). Mais rester couché là à grogner de plaisir sans bouger pendant qu'elle fait tout le boulot n'est pas très fair-play. Caressez-la un minimum, et prenez lui les hanches pour l'aider à se reposer de temps en temps.
Erreur n°29 : FEINTER LA SODOMIE PAR ACCIDENT
C'est de cette manière que les hommes attrapent la réputation de ne pas savoir demander leur route. Si vous voulez lui faire le petit, demandez-lui d'abord! Et ne pensez pas que le fait que vous soyezbourré soit une excuse.
Erreur n°30 : PRENDRE DES PHOTOS
Quand un homme dit, "Je peux prendre une photo de toi?" Elle entendra "... pour la montrer à mes copains." Laissez-la au moins connaître vos copains avant de lui proposer ça.
Erreur n°31 : NE PAS ETRE ASSEZ IMAGINATIF
L'imagination, ça peut être de lui dessiner des motifs sur le dos ou sur le ventre avec un glaçon, ou bien de lui verser du miel sur la peau pour le lécher ensuite. Les fruits, les légumes, la glace, les plumes sont des alliés efficaces. La cire de bougie chaude et les coups de fouet ne doivent pas être de la partie.
Erreur n°32 : DONNER DES COUPS DE VENTRE
Il n'y a pas de bruit moins érotique. C'est aussi sexy qu'un concours de rots.
Erreur n°33 : LUI FAIRE PRENDRE DES POSITIONS STUPIDES
Si elle veut faire du yoga dans le lit, très bien, mais a moins qu'elle ne soit la nouvelle Nadia Comaneci, ne soyez pas trop ambitieux : une partenaire sexuelle avec un claquage des abducteurs est aussi utile qu’une boussole à un aveugle.
Erreur n°34 : RECHERCHER SA PROSTATE
Lisez bien ceci : certains hommes apprécient la stimulation anale parce qu'ils ont une prostate. Les femmes n'en ont pas.
Remarque : cependant il arrive de rencontrer parfois des gueuses qui adore se faire bourrer le cul.
Erreur n°35 : LUI LAISSER DES MARQUES D'AMOUR
Il est fortement érotique de manifester quelque succion douce sur le cou, mais c'est à faire avec précaution. Aucune femme ne veut avoir à porter des pull-overs à col roulé ou des écharpes pendant des semaines, surtout si c'est en plein été.
Erreur n°36 : ABOYER VOS INSTRUCTIONS
Ne criez pas vos encouragements (du genre « OUIII continu comme ça c’est bon … »)comme un coach sur un banc de touche avec un mégaphone. Ça n'a rien d'excitant.
Erreur n°37 : DIRE DES COCHONNERIES
Exemple : « je vais t’beurrer la cramouille sale truie ! ! ! »
Ca vous donnera l'air d'un vieux pervers qui passe ses journées à appeler un 36 68 69... Si elle aime que vous la traitiez de tous les noms lubriques de la création (c’est très rare), elle vous le dira.
Erreur n°38 : NE PAS METTRE UN POINT D’HONNEUR A LA FAIRE JOUIR
Il faut finir votre boulot jusqu'à ce que vous le fassiez bien, et elle fera ensuite autant d'efforts pour vous.
Erreur n°39 : L'ECRASEZ DE TOUT VOTRE POIDS
Les hommes pèsent généralement plus lourd que des femmes, alors si vous êtes couchés sur elle un peu trop lourdement, elle va vite virer au bleu.
Erreur n°40 : OUBLIER D’EXPRIMER DE LA GRATITUDE
N'oubliez pas que vous n'êtes qu'un rustre qui ne pense qu’à troudbaliser toutes les cochonnes que vous croisez... Et vous avez de la chance d'avoir cette déesse dans votre lit. Alors n'hésitez pas à lui montrer votre gratitude, avec des mots tendres et des gestes délicats.
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Plus sur moi ...
Voila si vous voulez en savoir plus sur moi ...
1 - PSEUDOS : valus ( pas de jeu de mots avec tout ce qui finit en 'us' merci ^_^ )
2 - PRENOM :Valentin
3 - SEXE : M
4 - TAILLE : 1m78
5 - COULEUR DES CHEVEUX : brun (mi-longs)
6 - COULEUR DES YEUX : marrons
7 - EMPLOI ACTUEL : étudiant (licence pro informatique) -- futur ingé SUPINFO ^_^
8 - CELIBATAIRE OU DEJA PRIS: célibataire
9 - TON SIGNE ASTROLOGIQUE : sagitaire
10 - J'AIME : la musique,la guitare, les sorties, profiter de la vie quoi ...
11 - SI TU POUVAIS RENCONTRER UNE PERSONNE DE TON CHOIX, MORTE OU VIVANTE : ben morte je dirrais Hideto(guitariste de X japan)
12 - OCCUPATION PREFEREE A LA FIN DE LA SEMAINE : sortir puis dormir
13 - TA VILLE PREFEREE POUR T'ECLATER : besancon
14 - TON ACTIVITE FAVORITE QUAND VOUS N'ETES QU'ENTRE FILLES/GARCONS : parler de nanas ...
15 - TA MARQUE DE VETEMENT PREFERE : Energie
16 - TON STYLE DE MUSIQUE PREFEREE : JRock (rock japonais pour les incultes)
17 - TA RADIO PREFEREE : mon antenne radio est cassée (comme la moitié de ma voiture)
18 - TES CHANSONs PREFEREES : toutes les chansons de X Japan, toutes celles de Guns n Roses, 'Still loving you' (Scorpions), 'Whispers in the Dark' (skillet), 'Say Goodbye' (skillet) et bien d'autres ...
19 - CHANTEUR OU CHANTEUSE PREFERE(E) : Toshi, Axel Rose (Guns n Roses)
20 - GROUPE PREFERE : X Japan
21 - TON STYLE DE FILM PREFERE : les films gores, les films d'horreur, et les films d'horreur gores ^^ les films qui font réfléchir aussi (mais pas trop)
22 - TON OU TES FILM(S) PREFERE(S) :SAW, la colline à des yeux
23 - TON EMISSION DE TV FAVORITE : euuuhhh ... les informations ?
24 - TON SPORT PREFERE : boxe, natation
25 - LE SPORT QUE TU AIME REGARDER : sports de combat
26 - TA PUB PREFERE : oula ... je passe !
27 - TON LIVRE PREFERE: ' De l'inconvenient d'être né' (par cioran, c'est de la philo mais ca fait réfléchir)
28 - TON JEU DE SOCIETE FAVORI: tout ceux ou on peut piquer des billets, et ceux ou je gagne aussi !
29 - PLACE PREFEREE OU PASSER DES VACANCES : la plage ...
30 - TON MENU PREFERE : la cuisine asiatique
31 - TA SAVEUR DE CREME GLACE PREFEREE : vanille
32 - TA BOISSON ALCOOLISEE PREFEREE : vodka
33 - TA (tes) COULEUR(S) PREFEREE(S) : noir, rose (je sais c'est pas courrant), rouge
34 - CHIFFRE PREFERE: 7
35 - QUELLE EST TA CITATION FAVORITE: « ADRIEEEENNNEEEE »
36 - ES-TU DEJA TOMBE AMOUREUX: Oui
37 - AS-TU UN SERIEUX PENCHANT POUR QUELQU'UN : oui mais elle l'ignore toujours ^_^
38 - QUELLE PERSONNE SYMBOLISE TON IDEAL FEMININ/MASCULIN PHYSIQUEMENT : moi-même mdr
39 -QU'EST-CE QUE TU AIMES LE PLUS CHEZ TON IDEAL PETIT COPAIN(INE): qu'il aime mes cheuveux longs et qu'elle me demande pas de les couper ! ^_^
40 - A TON AVIS, QUI PEUT SECRETEMENT T'AIMER : j'en sais rien si c'est secret ...
41 - MEILLEURS copains, COPINES : gweno, carm, mathieu ... (les principaux)
42 - A QUI LAISSERAIS-TU LIRE TON JOURNAL SECRET SI TU EN AVAIS UN : a quelqu'un d'aveugle !
43 - LA ou les PERSONNE(s) LA ou les PLUS DINGUE(s) QUE VOUS CONNAISSEZ : GWENO (sans hésiter)
44 - TES DEUX COPAIN/COPINE QUI FORMERAIENT LE MEILLEUR COUPLE : jsais pas ... GWENO et la bière ?
45 - LE SENTIMENT LE PLUS NUL QUI EXISTE : se dire qu'on serra un raté toute sa vie ?
46 - LE SENTIMENT LE PLUS BEAU QUI EXISTE : l'amour quelle question !
47 - TON PIRE PROBLEME PRESENT : je préfère pas le mettre ici !
48 - LA CHOSE DONT TU ES LE PLUS FIER : mes cheuveux, mon physique d'athlete -_-'
49 - SI TU ETAIS UNE FLEUR : un nénuphard
50 - SI TU ETAIS UN ANIMAL : un ti' chat ? ou alors un gros lapin ...
51 - SI TU POUVAIS VIVRE A UNE AUTRE EPOQUE: les années 80 ^_^ (personne me ferrais chier avec mes cheuveux)
52 - NOMBRE DE FOIS OU TU TE REGARDES DANS LA GLACE PAR JOUR : je le fais pas j'ai peur qu'elle vole en éclat
53 - A QUOI PENSES-TU AVANT DE T'ENDORMIR? a éteindre la lumière ... non ?
54 - LA CHOSE QUE TU EMMENERAIS AVANT TOUT SUR UNE ILE DESERTE : la personne que j'aime ?
55 - TA CHAMBRE PREND FEU, QUE SAUVES-TU AVANT TOUT ? : mon PC (-_-' geek attitude)
56 - LE VERRE EST-IL A MOITIE PLEIN OU A MOITIE VIDE : il est vide !
57 - POURQUOI L'AMOUR EST TRISTE : parce qu'il n'est pas toujours partagé ni éternel ...
58 - EN TERME DE CHARME, SUR 10, QUELLE NOTE TE DONNERAIS-TU? : -10
59 - CE QUI TE TRACASSE LE PLUS PHYSIQUEMENT : chui trop mince ...
60 - A TON AVIS, QUE PENSENT LES AUTRES DE TOI LORSQU' ILS TE VOIENT POUR LA PREMIERE FOIS : ils pensent que c est aussi la dernière fois qu'ils me verront !!!
61 - TON PRINCIPAL DEFAUT: trop d'énergie !!!
62 - TA PRINCIPALE QUALITE: Serviable
63 - EST-CE QUE TU RACONTES DU MAL DES AUTRES DERRIERE LEUR DOS : oui mais uniquement de ceux qui m'ont blessé !
64 - QUEL A ETE LE MOMENT LE PLUS EMBARRASSANT DANS TA VIE : bof ... y'en a tellement ...
65 - CE QUI T'EFFRAIE LE PLUS :perdre le controle de ma vie
66 - EN QUOI TE DEGUISERAIS-TU POUR UNE SOIREE DEGUISEE : en rockeur ! yeah !
67 - QUE FAIS-TU POUR TE DEFOULER : de la guitare
68 - TON HUMEUR EN CE MOMENT : bof .. je me morfonds quoi ...
69 - OU SERAS-TU EN 2010 : je serrai ingé, blindé de thune et avec une fille qui m'aimera (si ca existe)
70 - SI TU POUVAIS AVOIR N'IMPORTE QUEL EMPLOI, CE SERAIT QUOI : ingénieurinformaticien !!!!!
71 - COMBIEN D'ENFANTS AIMERAIS-TU AVOIR PLUS TARD : des quoi ? des mini-valus ? autant que ma femme voudra m'en donner mdr !
72 - COMMENT APPELLERAIS-TU TES ENFANTS : Valus Junior 1, Valus Junior 2, ...
73- SI UN JOUR TU DEVIENS CELEBRE, CE SERAIT DANS QUEL DOMAINE : l'informatique ou la musique
74 - QUEL EST LA VOITURE DE TES REVES : Ford Mustang ^_^
75 - T'ENTENDS-TU BIEN AVEC TES PARENTS : oui
76 - TON PLUS BEAU SOUVENIR DE VACANCES : la plage de Saint-Raphael, les Vacances à l'hotel en espagne aussi ...
77 - QUELLE A ETE LA MARQUE DE TA PREMIERE VOITURE : Opel Astra bleue (toute défoncée)
78 - QU'EST-CE QU'IL Y A SUR TON TAPIS A SOURIS : ma souris
79 - QUELLE EST LA PREMIERE CHOSE A LAQUELLE TU PENSES EN TE LEVANT LE MATIN : " quelle heure il est ?"
80 - COMBIEN DE SONNERIES LAISSES-TU AVANT DE REPONDRE AU TELEPHONE : mon portable est en vobreur
81 - DORS-TU AVEC UN ANIMAL EN PELUCHE : non
82 - SI TU POUVAIS TEINDRE TES CHEVEUX DE COULEUR LAQUELLE SERAIT-CE : rouge / roze :p (je l'ai déja fait)
83 - SI TU POUVAIS AVOIR UN TATOUAGE, CE SERAIT QUOI ET IL SERAIT OU ?: j'en aurait pas, j ai trop de grains de beauté
84 - QU'IL Y A-T-IL SUR LES MURS DE TA CHAMBRE : du papier peint
85 - QU'EST-CE QU'IL Y A DESSOUS TON LIT : de la poussiere
86 - AS-TU DEJA PRIS UN BAIN DE MINUIT : oui
87 - A QUELLE HEURE TE COUCHES-TU : entre 10h30 et 1h du mat'
88 - LA RESOLUTION ESSENTIELLE QUE TU AS PRISE EN DEBUT D'ANNEE : arrêter de promettre d'arreter de fumer !
89 - LE DERNIER CADEAU QUE L'ON T'AI OFFERT : des DVD !
90 - LE PRETEXTE QUE TU AS TROUVE POUR SECHER LES COURS:j'ai jamais seché :) !
91 - COMBIEN DE KILOS AIMERAIS-TU PERDRE OU GAGNER : gagner 15 kilos
92 - AS-TU DEJA MENTI SUR TON AGE POUR PARAITRE PLUS VIEUX :non
93 - LE(S) PROF(S) LE(S) PLUS HORRIBLE(S) QUE TU AIS JAMAIS EU : euuuh je passe !
94 - QUEL NOM D'ARTISTE CHOISIRAIS-TU : Valus (j'y tiens a mon surnom ringard)
95 - A QUI RESSEMBLES-TU LE PLUS : a ma mère !
96 - LA PREMIERE CHOSE QUE TU FAIS EN RENTRANT DES COURS : je bois !
97 - DIS UNE BONNE CHOSE A PROPOS DE LA PERSONNE QUI T'A ENVOYE CE MESSAGE : je l'ai piqué sur le blog d'une amie ^_^
98 - QUE VEUX-TU DIRE AUX PERSONNES A QUI TU VAS ENVOYE CE MESSAGE: ben bravo si vous avez lu jusqu'ici
99 -UNE DÉCLARATION QUELCONQUE : jamais sans mon avocat !
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Petit guide du Jazzman....
Ce texte humoristique de Bill Anschell circule depuis plusieurs mois dans le milieu des musiciens de jazz
américains. Bill Anschell a été pianiste et directeur musical de la chanteuse Nnenna Freelon. Visitez son site web. Traduction : Alain Le Roux-Marini.
Prêt à aller à votre première jam session ? On trouve dans le jazz - et dans les jams en particulier - bien plus que ce qui est apparent.
Ce guide du débutant vous aidera à mieux apprécier l’intense psychodrame qui se joue sur scène. Des "Tuyaux du Connaisseur" ("T.C.") mis en exergue tout au long du texte, vous aideront à profiter pleinement de ce rite initiatique.
T.C. : bien que les euros que vous dépensez en boisson et en nourriture soient le flux vital de l’économie du jazz, rappelez-vous que, pour les musiciens, vous êtes hors sujet. Ne demandez pas de chansons, ne vous mettez pas à danser et n’essayez pas de chanter avec l’orchestre. La dernière chose dont a besoin une jam, c’est d’un autre ego. Les choses sont déjà assez compliquées comme ça.
1) La salle
Les jam sessions ont lieu dans deux types d’endroits :
Les caves jazz pour bobos
En général, les bobos n’aiment pas les caves, mais pour un bobo, le jazz est une aventure. On ne vous gare peut-être pas votre voiture, mais l’aventure est au coin de la rue !
Le club sera situé dans une partie "transitionnelle" de la ville. Une marche rapide du parking au club augmentera le rythme cardiaque du courageux bobo au-delà de ce qu’il fait d’habitude sur le tapis roulant de son club de gym. Quand il sentira la douce chaleur du club l’envelopper, il n’en sera que plus gratifié. Enfin chez soi, au milieu des cigares luxueux et des martinis secs !
La nourriture sera hors de prix et ignoble. Il y aura au moins un pseudo plat cajun au menu. Il y aura une peinture abstraite d’un saxophoniste. Il y aura un système de ventilation dernier cri qui transforme l’épaisse fumée des cigares en volutes impressionnistes. Dans les toilettes, une giclée d’Air Wick ne supprimera pas complètement l’odeur de vomi.
Il n’y aura pas de piano, ou alors ce sera un Samick. "Samick," traduit du coréen, veut dire "ressemble à un Steinway, mais sonne comme un Hyundai."
T.C. : un vrai piano.
La salle en elle-même sera un vrai cauchemar au plan acoustique. En l’absence de moquette ou de tentures, les sons seront sujets à réverbération et à distorsion comme dans un mauvais trip au LSD. Ce cauchemar psychédélique sera alimenté par le mixeur du bar, une caisse enregistreuse, une télévision grand écran et un lecteur de CD émettant une musique qui n’a rien à voir avec le jazz. Quand le groupe se mettra à jouer, quelqu’un oubliera d’arrêter le CD. Pour lutter avec ces sons, la conversation des bobos monte jusqu’à un rugissement. Quelque part en fond, une jam session a lieu.
Les caves jazz pour non bobos
Les mêmes que pour les bobos, mais sans l’Air Wick.
T.C. : Asseyez-vous aussi près de l’orchestre que possible. Dévisagez intensément chaque musicien pendant son solo et bougez vos lèvres avec ses phrases musicales. Ne souriez pas. Et maintenant observez bien - chacun conclura que :
a) vous jouez de son instrument, et
b) que vous pensez qu’il est nul. Vous les manipulez et il en seront défaits. Tous les musiciens de jazz, quel que soit leur âge, leur instrument, leur technique sont profondément peu sûrs d’eux-mêmes. Amusez-vous bien ainsi.
2) Les musiciens
Bien qu’un artiste de jazz puisse revendiquer une "voix unique" sur son instrument, l’analyse sociologique nous dit le contraire. En réalité, les musiciens de jazz sont simplement la personnification d’archétypes instrumentaux. Les jam sessions ne sont alors que la mise en scène de conflits archétypaux. Les "standards" de jazz joués durant les jams en sont le scénario. Avec le temps, une tragédie épique se déroule. Voici les personnages :
Le piano : les pianistes sont des intellectuels et des je-sais-tout. Ils ont étudié la théorie, l’harmonie et la composition à l’université. La plupart sont remplis de doutes sur eux-mêmes. Ils sont habituellement chauves. Ils devraient avoir de grandes mains, mais ce n’est pas souvent le cas. Pendant leur adolescence, ils étaient rejetés socialement. Après les concerts, ils rentrent chez eux et jouent aux petits soldats. Les pianistes ont une relation spéciale d’amour-haine avec les chanteuses. Si vous parlez au pianiste pendant la pause, il condescendra à vous répondre.
La basse : les bassistes ne sont pas très intelligents. Les meilleurs bassistes s’adaptent à leurs limitations en jouant des lignes simples et en prenant rarement des solos. Durant les meilleurs moments musicaux, un bassiste tirera sur ses cordes et grognera comme un animal. Les bassistes sont baraqués, ont des mains comme des battoirs et se penchent toujours de façon maladroite. Si vous parlez au bassiste pendant la pause, vous ne saurez pas dire s’il vous écoute ou pas.
La batterie : les batteurs sont extrémistes. Cela dépend des personnalités, mais ils sont toujours dans les extrêmes. Un batteur peut être la personne la plus drôle au monde, ou la plus psychotique, ou la plus malodorante. Les batteurs sont mal à l’aise du fait des nombreuses blagues qu’on fait sur eux, la plupart étant basées sur le fait qu’ils ne sont pas vraiment musiciens. Les pianistes arrivent particulièrement bien à mettre les batteurs mal à l’aise. La plupart des batteurs s’excitent très facilement ; quand ils sont excités, il jouent plus fort. Si vous décidez de parler au batteur pendant la pause, faites attention de ne pas l’approcher sans bruit.
Le saxophone : les saxophonistes pensent qu’ils sont les musiciens les plus importants sur scène. En conséquence, ils sont imprévisibles et possessifs. Ils connaissent tous les plans de Coltrane et du Bird mais ont leur propre son, un mélange de Coltrane et du Bird. Ils prennent des solos d’une longueur exceptionnelle, qui atteignent un sommet à mi-chemin et ne s’arrêtent plus. Ils s’entraînent de façon silencieuse mais audible pendant que les autres essaient de jouer. Ils sont obsédés. Les saxophonistes dorment avec leur instrument, oublient de prendre leur douche et ont la pelade. Si vous parlez au saxophoniste pendant la pause, vous entendrez beaucoup d’excuses sur ses anches.
La trompette : les trompettistes sont conscients de leur image et ont une démarche arrogante. Ce sont souvent d’anciens piliers de football universitaire. Les trompettistes attirent beaucoup les femmes, en dépit de l’étrange empreinte de dents sur leurs lèvres. Nombre d’entre eux chantent ; les critiques mal renseignés les comparent alors soit à Louis Armstrong soit à Chet Baker, selon qu’ils sont noirs ou blancs.
T.C. : Arrivez tôt à la jam, il vous arrivera peut-être d’être témoin du jeu spécial du trompettiste. Les règles sont : jouer aussi fort et aussi aigu que possible. Le gagnant est celui qui joue le plus fort et le plus aigu. Attention : c’est fort et aigu.
Si vous parlez à un trompettiste pendant la pause, il vous confessera peut-être que son musicien favori est Maynard Ferguson, le dieu impitoyable de la trompette forte et aiguë.
La guitare : les guitaristes de jazz ne sont jamais très heureux. Tout au fond d’eux-mêmes, ils veulent être des rock stars, mais ils sont vieux et gras. En guise de protestation, ils portent les cheveux longs, rôdent à la recherche de groupies, boivent beaucoup et jouent trop fort. Les guitaristes détestent les pianistes parce qu’ils peuvent jouer dix notes à la fois, mais les guitaristes se font une raison en jouant aussi vite que possible. Plus un guitariste boit, plus il monte le volume de son ampli. Alors le batteur se met à cogner plus fort et le trompettiste puise dans son arsenal fort et aigu. Soudain, l’univers du saxophoniste s’écroule, parce qu’il n’est plus le musicien le plus important sur scène. Il remballe son sax, abîme sa meilleure anche dans sa précipitation et sort de la pièce en trombe. Le pianiste fait tout ce qu’il peut pour ne pas rire. Si vous parlez au guitariste pendant la pause, il vous posera des questions intimes sur votre sœur de quatorze ans.
Le chant : les chanteuses sont des créatures capricieuses des tout-puissants dieux du jazz. Elles sont placées dans les jams pour tester les capacités des musiciens à la souffrance. Elles ne font pas partie du monde du jazz, mais y entrent subrepticement. Exemple : une jeune femme joue de petits rôles dans une comédie musicale à l’université. Un jour, un critique mal informé du journal du campus décrit son chant comme "...jazzy." Voilà ! Une étoile est née ! Elle apprend vite "My Funny Valentine," "Summertime," et "Route 66." Une fois sa formation terminée, elle sème la terreur dans les jam sessions. A son approche, les musiciens fuient la scène. Ceux qui restent ressentent pleinement la furie de l’univers du jazz (voir "La chanteuse" ci-dessous).
T.C. : la chanteuse va essayer de vous séduire - ainsi que le reste du public - en cherchant votre regard, en vous montrant qu’elle sait que vous êtes là, même en vous parlant ente les chansons. NE TOMBEZ PAS DANS CE PIEGE ! Regardez au loin, l’air parfaitement dégoûté. Sinon les musiciens vous éviteront pendant les pauses. Si, par hasard, vous parlez à une chanteuse durant la pause, elle vous présentera son "manager."
Le trombone : le trombone est connu pour sa sonorité plaintive, proche de la voix. "Ecoutez," semble-t-il dire dans le registre medium, "pourquoi personne ne veut m’embaucher pour un concert ?" Les trombonistes aiment à jouer vite, parce que leurs notes ne peuvent alors plus être distinguées les unes des autres et qu’ils ne sont donc plus alors soumis à la critique. La plupart des trombonistes ont joué de la trompette à leurs débuts, puis ont décidé qu’ils ne voulaient pas se promener avec une étrange empreinte de dents sur les lèvres. Depuis, ils détestent les trompettistes qui arrivent à avoir toutes les femmes en dépit de leur défiguration. Les trombonistes sont habituellement grands et élancés, l’air abandonné. Ils ne mangent pas beaucoup. Ils doivent être très sympathiques, parce que personne n’a vraiment besoin d’un tromboniste. Parlez à un tromboniste pendant la pause et il vous demandera de l’embaucher pour un concert, essaiera de vous vendre une assurance ou vous proposera de tondre votre pelouse.
3) La musique
Maintenant que vous en savez un peu sur la salle et les musiciens, il est temps de tourner votre attention vers la musique. Vos connaissances fraîchement acquises vous permettront une vision particulière sur des aspects étonnants des jams. Examinons des éléments typiques de jam sessions :
Le choix du thème
Chaque fois qu’un morceau finit, quelqu’un doit en choisir un nouveau. C’est le concept fondamental qui, malheureusement, foire dans les jams.
Le choix du thème importe beaucoup pour les musiciens. Ils adorent faire de l’épate sur les airs qui leur paraissent confortables et tremblent devant l’inconnu. Mais choisir un thème invite à un examen minutieux : "Alors, c’est comme ça que tu sonnes le mieux. Hmm..." C’est un sujet complexe aux résultats imprévisibles. Parfois, personne ne veut choisir un thème et parfois tout le monde veut le faire.
Il en résulte des désagréments tels que la création de factions et - sous des conditions extrêmes - même des élections impromptues. La politique du choix des thèmes constitue une des parties les plus divertissantes des jam sessions.
Exemple 1 : personne ne veut choisir un thème ; (le thème précédant arrive à sa fin) (silence) le trompettiste lance : "Bon sang de f#@* ? Il y a quelqu’un qui va choisir un thème ?" (silence) le trompettiste : "Cette s% !* est minable. Je me casse !" (claque la porte, oubliant de payer sa note). Reste du groupe (à l’unisson) : "Ouais !!!" (le groupe prend une pause prolongée et met les boissons sur la note du trompettiste).
Exemple 2 : tout le monde veut choisir un thème, provoquant une élection impromptue et le choix final d’un thème : (le thème précédent se finit) le pianiste et le guitariste disent en même temps : "Beautiful Love !"/"Donna Lee !" Le guitariste au pianiste : "Tout ce que tu veux, c’est jouer tes gros accords stupides de 10 notes !" Le pianiste au guitariste : " Tout ce que tu veux, c’est jouer plein de notes très vite !" Le saxophoniste : "’Giant Steps’."
T.C. : un thème traître de Coltrane joué de façon obsessive par les saxophonistes.
Le guitariste et le pianiste (ensemble) : "Vas-y, ducon." Le trompettiste : " Cette s% !* est minable. ’Night in Tunisia’."
T.C. : un thème de Dizzy Gillespie offrant de larges occasions de jouer fort et aigu.
Le saxophoniste : "Désolé, j’ai oublié mes boules Quiès, Maynard." (long silence gêné) Le pianiste, le guitariste, le saxophoniste, le trompettiste se tournent tous vers le batteur : "A ton tour." (le batteur se met à penser au morceau le plus difficile)
T.C. : un complot éprouvé par les batteurs pour punir les vrais musiciens qui jouent de vraies notes.
Le batteur : "Stablemates." Le trompettiste : Eh m#@* ! Je me casse." (sort de la pièce en trombe, poursuivi par le barman.) (Ils commencent à jouer "Stablemates") Le tromboniste : "Il n’y a pas quelqu’un qui a oublié d’arrêter le lecteur de CD ?" Non seulement ces désagréments sont amusants à observer, mais ils créent également des tensions qui vont durer toute la nuit.
T.C. : en tant que membre cultivé du public, vous pourriez dresser un diagramme des alliances qui se font et se défont. Vous pourriez aussi tenir des statistiques sur les choix des thèmes par chaque individu. Cependant, en aucun cas vous ne devrez prendre parti ou hurler des titres de chansons. Les choses sont déjà assez compliquées comme ça.
Le nouveau
Le premier set se termine sans autre controverse. Le guitariste, encore sobre, n’a pas monté son volume. Le saxophoniste a fini par trouver une anche qui ne le traumatise pas. Le tromboniste a distribué des cartes de visite. Le pianiste a contrôlé son ego. Personne n’a raconté de blague de batteurs et le bassiste a grogné durant les meilleurs moments. Bien sûr, ils ont perdu un trompettiste, mais de toute façon, personne n’aime vraiment les trompettistes (sauf les femmes et les critiques mal informés).
Maintenant, d’autres musiciens vont jouer. Il y a des habitués et des inconnus. Regardez la scène, les musiciens qui ont ici leur première jam traîneront près du bord, se demandant comment procéder. Il devrait y avoir une liste d’inscription, mais il n’y en a pas. Il devrait aussi y avoir un leader charismatique, n’y pensez plus. Tels sont les concepts fondamentaux qui, à nouveau, foirent dans les jams.
T.C. : faites comme si vous étiez le responsable. Approchez ces musiciens qui rôdent autour de la scène, l’un après l’autre. Demandez leur avec qui ils jouent habituellement, puis dévisagez-les d’un air impavide. Demandez-leur l’air qu’ils aimeraient jouer et secouez la tête, l’air écœuré. Demandez-leur s’ils sont étudiants. Demandez-leur pourquoi ils ne jouent pas pour de l’argent. Demandez-leur si ça ne les gêne pas d’attendre que la chanteuse se pointe. Vous faites là un travail important, vous cultivez l’insécurité, vous semez les germes d’un drame final. Si ce comportement ne vous semble pas naturel, buvez un verre ou deux. Voilà. Essayez à nouveau. Bien.
Finalement, tout finit par s’arranger et le set commence. La dynamique interpersonnelle devient plus complexe. Dès qu’un nouveau s’approche de la scène, les musiciens locaux se posent en juges, le visiteur passe en jugement. En même temps, les musiciens du cru observent subrepticement les réactions les uns des autres, comme ils ne se font pas pleinement confiance eux-mêmes. Mais chacun est aussi conscient de manière aiguë que ses propres réactions sont soumises au jugement des autres et hésite tout bonnement à réagir. Sans compter sur le contrecoup : si le nouveau s’avère un grand musicien, son propre jugement sur le groupe local, surtout s’il a été initialement malveillant, peut être dévastateur.
C’est pourquoi les musiciens locaux choisissent la voie la plus sûre, se dissimulant derrière des visages impassibles, affectant un voile de stoïcisme. Ceci fait perdre son sang-froid au nouveau venu. Il peut avoir l’impression d’avoir été manipulé ou d’avoir échoué avant même d’avoir essayé.
Mais il est impossible de faire marche arrière, c’est une des rares règles établies dans le Code de Conduite d’une jam. Le nouveau se fait prier pour nommer un thème, cherche en vain un regard approbateur, puis commence à compter la mesure. Maintenant, son job consiste à avoir l’air relax et confiant et bien sûr à s’amuser. Selon qu’il y réussit ou pas, il y a deux issues possibles :
1) Le rejet :
Le nouveau dit : "Si on faisait une ballade ?" le saxophoniste : "Tu es fou ? ECOUTE !" (le mixeur mixe, la télé hurle, la caisse enregistreuse tinte, les bobos rugissent, la pièce rend un écho caverneux) le nouveau : "D’accord, et si on faisait quelque chose de fort et rapide ?" (le pianiste désigne le guitariste) : "Quoi ? Tu veux qu’Eddie Van Halen se déchaîne ?"
Ne voyant aucun signe de consensus, le nouveau commence à jouer un blues. C’est bien joué : tout le monde sonne bien sur le blues, donc personne ne se plaint. Et comme c’est le premier morceau du set, il n’y pas encore eu déjà dix blues, c’est pour plus tard. Un bon début, sans aucun doute, mais le jugement final n’est pas encore rendu...
T.C. : dans l’esprit de ces musiciens, il y a plus que de la mélodie, de l’harmonie et du rythme.
Voyons ce qu’ils pensent VRAIMENT, au milieu d’un thème :
Le saxophoniste : M% !* ! Encore un de ces étudiants tristounets, nourris de méthodes « Ma première impro », « Des plans à la pelle », et le reste. Des oreilles pour quoi faire ? Une Histoire pour quoi faire ? Il me faut un verre.
Le guitariste : Bon sang de p% !* - ce type a des sacrés plans ! Il déchire ! (regarde autour de lui, voit le saxophoniste qui le regarde de travers). Mais je dois faire gaffe - ces mecs pensent déjà que je suis un inconditionnel des plans de Van Halen, comme si je n’avais pas d’âme, comme si je n’avais pas joué dans les cover bands de Motown pendant huit ans. Ces salauds arrogants sont trop durs avec moi. Maintenant, si je me branche avec ce nouveau, ils vont se moquer. Qu’ils aillent se faire f#@* ! Je devrais proposer "Dock of the Bay" et voir comment ils se débrouillent. Je ne sais pas. Je vais plutôt aller me chercher une bière (quitte la scène).
Le batteur : ouh là, mais il swingue ce mec ! Tiens, mon cher, prends CA (joue fort une figure rythmique compliquée sur les phrases du nouveau). On va quelque part ? On doit aller quelque part. J’AI L’IMPRESSION QU’ON VA QUELQUE PART ! Ouais, baby. Voilà pour toi ! (attrape les rythmes du nouveau avec sa charley). On pourrait se brancher, là. ON SE BRANCHE, LA ! GO, BABY !
Le bassiste (prend son pied) : Grrrhh. Gnmnt. Glppnt.
Le pianiste : J’en ai marre de cette daube. Ouais, je peux jouer les mêmes douze mesures à l’infini pendant que tu te paluches ad nauseam, espèce de petit b% !*. Toi et tous tes copains. On passe à mon solo 25 minutes plus tard et personne ne fait attention à ce que je joue. Mais qu’on en finisse avec ce morceau, nom de Dieu ! Mais attends, c’est quoi, ça ? Waouh, vas-y ! Ce type a des idées superbes - peut-être meilleures que les miennes ? Mon dieu, et si je n’étais pas si génial que ça ? Mais, ms% !*, j’ai entendu Herbie
T.C. : Hancock, pianiste de jazz légendaire
jouer des phrases pires que celles-là, aussi. Alors ce mec peut être génial et moi je peux toujours être bon. Ou peut-être qu’il est vraiment bon et que je suis juste bon. Ou alors il est peut-être juste correct, et je suis nul. Pourquoi est-ce que personne ne me le dit franchement ? Je déteste ce connard.
Le tromboniste : Oh, mon dieu, à l’aide !!! Il y a deux mecs qui l’apprécient et deux qui ne l’apprécient pas. Le guitariste est parti. Ils me regardent tous. Réfléchis, mec, réfléchis : le pianiste allait peut-être m’embaucher pour le concert de dimanche prochain ; je ne peux pas le froisser. Mais je travaillais sur ce truc d’assurance avec le batteur - non, c’était le guitariste. Attends : à qui devais-je vendre un ampli ? Le bassiste - bof, aucun intérêt. Mais ce nouveau mec, il sonne vraiment bien - il aura peut-être des plans où il pourra me faire bosser. Le sax ne me prendra pas de toute façon. Mais tout le monde semble respecter ce type bourru. Je ne sais pas. Je pense que ce nouveau est nul, en quelque sorte.
(les musiciens locaux, échangeant des regards, commencent à rouler des yeux. Le pianiste commence à plaquer des accords horribles. Le batteur succombe à la volonté du groupe et se force à bailler. Le bassiste ne remarque rien.)
(le nouveau finit son solo. Pas de réponse. Il n’est pas invité à jouer un autre thème. Il quitte la scène abattu, la tête basse. Les garçons peuvent être si cruels...)
2) L’acceptation
Le nouveau : "Si on faisait une ballade ?"
Le saxophoniste : "Tu es fou ? ECOUTE !"
(le mixeur mixe, la télé hurle, la caisse enregistreuse tinte, les bobos rugissent, la pièce rend un écho caverneux)
Le nouveau (pointant son doigt vers vous) : "Mais IL m’a dit que je pouvais jouer ce que je voulais."
Tous les musiciens (se tournant vers vous) : "Mais t’es qui, TOI ? Qui t’a désigné comme responsable ?"
T.C. : fermez-la. IMMEDIATEMENT.
Le nouveau : "Bon, on oublie ce connard. On n’a qu’à jouer ’Cherokee’."
("Cherokee" commence. Les musiciens se lient contre un ennemi commun - vous. Dans cette fraternité naissante, ils baissent leur garde et apprécient la musique. Ils pointent leurs instruments vers vous et jouent avec beaucoup d’émotion. C’est le son du jazz : la joie, le chagrin et la colère. Vous devriez considérez la colère d’un point de vue personnel. Vous devriez partir tant qu’il est temps.)
(Mais, non, il y a encore tant à apprendre. Tentez votre chance : offrez une tournée générale, en espérant qu’ils vous pardonneront. Et vous devenez soudain le héros. Ils ont besoin des verres, vraiment, car s’approche maintenant de la scène...)
La chanteuse
Elle porte une robe moulante. Sa chevelure est une vraie sculpture. Elle glisse jusqu’à la scène comme un mannequin lors d’un défilé, ignorant les tâches de boisson et les brûlures de cigarette parsemant le sol. Sa posture est parfaite, ses gestes juste ce qu’il faut. Elle attrape le micro et le suspend entre trois doigts. Elle se tourne vers le public, le regard lointain et théâtral. "Oh bon sang, ça commence !," dit le saxophoniste dans sa barbe.
"Et si on applaudissait ces garçons qui l’ont bien mérité," dit-elle, comme elle est censée le faire. Pas d’applaudissement. Après un rire théâtral, elle essaye à nouveau. "Vous venez d’où ? Il y a quelqu’un qui est de New York ?" Silence. La foule est captivée - pas par elle, mais par un vidéo clip qui passe à la télé. Elle essaie encore. "Combien parmi vous sont amoureux ?" demande-t-elle étouffant un ricanement de petite fille. C’est vous qu’elle regarde, car vous êtes le seul à faire attention. Les musiciens vous regardent, eux aussi. "Tu n’es PAS de New York et tu n’es PAS amoureux," disent leurs regards sombres.
"Pas très causants, hein, les mecs ?" demande-t-elle pour la forme, puis se tourne vers l’orchestre. "Bon, je crois qu’on devrait leur donner un sujet de conversation." Elle fait un clin d’œil au sax qui manque de cracher. "Les copains, vous connaissez ’Summertime’ ?" On ressent un frisson collectif. "Quelle tonalité ?" demande le pianiste qui sait qu’elle ne saura pas répondre. Son vernis tombe momentanément ; elle est en difficulté. Elle ne s’est pas préparée pour la jam en s’entraînant ou en recherchant les bonnes tonalités, mais en achetant une nouvelle tenue et en se faisant coiffer.
Mais elle vient d’avoir une idée. Elle dit avec une nonchalance étudiée : "Tu sais bien, la tonalité normale." Il y a un grognement collectif. "Normale ?" demande le pianiste. "Pas déca ?" Les autres embrayent. "Pas sans plomb ?" demande le saxophoniste. "Pas à la fraîcheur mentholée ?" demande le batteur. "Pas extra large ?" demande le tromboniste. "Pas la formule super-puissante avec de possibles effets secondaires comprenant nausées, maux de tête et sécheresse de la bouche ?" demande le bassiste. Tous se tournent vers lui et le dévisagent étonnés. Le trompettiste n’aurait pas dû partir si tôt. C’est trop comique.
Elle est maintenant au bord des larmes. Tout ce qu’elle peut faire, c’est commencer à chanter et elle atterrit à mi-chemin entre deux tonalités. "Charmant," marmonne le pianiste. "Explorations de ’Summertime’ au quart de ton. Si mineur et demi. Do mineur moins. La rencontre de John Cage et de Liza Minelli, de Ravi Shankar et de Barbara Streisand. Bon, madame, je vais t’aider - excusez-moi, les mecs. Ce n’est pas parce que je suis brillant que je suis sans cœur. On y va en do mineur et voilà la note de la mélodie. Maintenant, chante, joue, ou fais ce que tu dois faire."
L’orchestre les rejoint et elle se fraie un chemin à travers les deux choruses de la chanson. Sa voix est agréable, mais à peine discernable sous des inflexions aléatoires qui sont son "bagage jazz." La fin de la mélodie approche. "S’IL TE PLAIT, PAS DE SCAT ! S’IL TE PLAIT, S’IL TE PLAIT !" implorent en silence les musiciens. Elle scatte. Avec des shooby-doos, des pleurs perçants, des gémissements gutturaux, des torsions et des grimaces, des poses pour photographes. Elle sourit à l’orchestre, les invitant à ressentir l’esprit. Ils lui renvoient des regards vides. Finalement, le saxophoniste n’en peut plus. Il débute bruyamment un solo, en pointant son instrument vers elle. Le groupe se lance dans une improvisation de vingt minutes et la musique est bonne. Ils ont, une fois de plus, trouvé un ennemi commun. Il y a à nouveau de la joie, du chagrin et de la colère. Cette fois, ils ne sont pas en colère contre vous.
Le morceau se termine. Avant que quiconque ait pu faire un geste, la chanteuse se lance dans "Route 66." De sa part, il s’agit d’une frappe préventive, d’une brillante manœuvre tactique. L’orchestre n’a pas d’autre choix que de l’accompagner - il est trop tard pour appeler le musicien suivant. Même leur plan de sortie de scène d’urgence - quitter la scène pour une pause prématurée - a été invalidé. Six musiciens écrasés par une chanteuse en une seule frappe chirurgicale sans bavures. Ayant gagné haut la main, elle assure le rôle du dictateur bénévole. Elle ne scatte pas. Elle exige que le public applaudisse chaque soliste.
T.C. : faites-le.
Les musiciens, tour à tour, prennent poliment leur solo. Un nouvel ordre mondial a été établi. Mais le régime ne durera pas longtemps. Comme tout leader soutenu par un nouveau pouvoir, elle se sent tenue d’en tester les limites. Elle plonge dans son sac et en sort l’arme secrète qu’elle a réservée précisément pour un tel moment. Une munition qui va exploser le mixeur, la télé, la caisse enregistreuse et les bobos rugissants et les réduire, abasourdis, au silence. Tous vont se lever stupéfaits. Elle sera, enfin, découverte. "Get your kicks," hurle-t-elle, "on Route...Sixty..." Elle lance ses bras de côté, signifiant à l’orchestre avec une grande passion qu’elle seule s’occupe de tout à partir de là. Ca va être le mot "Six" et ça va durer très longtemps.
Sssssiiiii...(on vire carrément à l’histrion. Elle pose un genou à terre. Elle démarre dans le grave, puis sa voix commence une lente ascension, les yeux clos, le menton collé à la poitrine. Elle est penchée en avant, le décolleté généreusement dévoilé).
...ii...(sa voix atteint le milieu du registre, toujours en ascension, enrobée d’un vibrato ample. Elle se remet debout).
...iii...(elle approche le haut de son registre et commence une série de clichés de blues. Ses doigts gesticulent sur le micro comme si elle jouait d’un instrument - d’abord la trompette, puis le trombone, puis le saxophone. Elle n’a pas encore repris son souffle.)
...iiii...(comme elle atteint le sommet de sa tessiture, sa main libre commence à s’élever. Elle se prépare à atterrir surunenotequiva étonner tout le monde par sa puissance et sa beauté. Au moment même où elle l’atteindra, son doigt va...)
"Et m#@* !" dit le sax. "On fait une pause." Les musiciens sortent rapidement de scène. La chanteuse est toujours au sommet, dans un registre perçant de soprano, le doigt pointé hors de la scène, les yeux clos. Sentant qu’il y a du changement, elle jette un coup d’œil furtif, rapide d’abord, les yeux à peine ouverts, puis plus longtemps, les yeux exorbités. La vérité s’installe, dans toute son horreur. Un coup d’état catégorique et elle a été réduite à l’impuissance, ridiculisée. Elle s’arrête au milieu d’une note, s’effondrant soudain. Doucement, résignée, elle conclut "...ix."
Mais ça va - de toute façon, à part vous, personne n’écoutait. Et vous feriez mieux de ne pas applaudir, si vous voulez faire partie de...
La pause
Les musiciens maison sont assis au bar bondé. En réalité, deux sont assis et trois sont debout derrière, en plein milieu de la circulation. Il sont flanqués de chaque côté de bobos ivres. D’autres bobos ivres les percutent régulièrement par derrière.
En dépit de leur victoire, la bataille avec la chanteuse les a laissés dans une piètre condition. Ils ont ressenti la colère de l’univers du jazz. Leur capacité à souffrir a été testée et ils n’ont pas été à la hauteur. Ils se demandent pourquoi. La vie elle-même ne semble pas avoir de raison, une solution ne peut être trouvée dans les mots, seulement dans l’alcool.
Vous essayez d’aider. Vous expliquez que le mal doit exister dans le monde du jazz afin qu’ils puissent mieux apprécier le bien. Il faut savoir reconnaître les bénédictions. Par exemple, ce soir, il n’y a pas eu de violoniste ni d’accordéoniste. Nul harmoniciste n’est venu demander à jouer "Stormy Monday." Nulle bière n’a été renversée sur le clavier. Et il y a encore tant de musique à jouer.
"Attends une minute," dit le saxophoniste. "C’est pas toi le connard qui essayait de diriger la jam ?" Vous voyez son visage s’empourprer de colère. Il s’avance menaçant, quand un bobo lui tape sur l’épaule. "Excusez-moi. Vous êtes bien le saxophoniste ?" Le visage du sax s’illumine. On l’a reconnu. Il opine du chef. "Vous jouez souvent ici ?" demande le bobo. Le saxophoniste, empreint d’une humilité toute nouvelle, a un haussement d’épaules. Le bobo continue : "Bien. Parfait. Pouvez-vous me dire où sont les toilettes ?"
"AAAIIIIIIIEEEEEE !" hurle le saxophoniste, chancelant sous le coup de cet idiot. Puis il balance son majeur en l’air vers le bobo en hurlant, "ICI, tas de ms% !* !" Abasourdi, le bobo fixe le doigt en silence. Promptement, le tromboniste s’en mêle, se tordant les mains. "Les toilettes se trouvent ici, monsieur," dit-il poliment. "J’espère que l’odeur de vomi ne vous dérange pas. Et, monsieur, si vous me permettez une question personnelle : est-ce que votre bien-aimée a ce qu’il faut dans l’éventualité où, Dieu nous en préserve, il vous arrivait quelque chose ?"
D’autres bobos observent le dialogue, mais ratent le doigt et le coup de l’assurance. Ils décident qu’il est acceptable de parler à des musiciens, en dépit de l’évidente différence de classe. D’autres s’approchent du groupe. "Eh les mecs, vous connaissez du Skynyrd ?" demande un homme d’affaires à catogan. Le guitariste regarde au loin, afin que ses yeux ne le trahissent pas. "Et du Kenny G ?" demande une femme bien habillée. Le pianiste et le batteur attrapent prestement le saxophoniste, l’empêchant de recourir à la violence. On demande aussi "Pennsylvania Polka," "quelque chose sur lequel on puisse danser" et "vous ne pourriez pas laisser tourner le lecteur de CD ?"
De l’autre côté du bar, vous voyez le nouveau et la chanteuse en grande conversation. Vous allez les rejoindre pour vous présenter, mais ils ne vous remarquent même pas. Ils forment un groupe. Ils vont déterminer la tonalité de la chanteuse et enregistrer l’accompagnement sur un séquenceur. Une fausse batterie, une fausse basse, un faux orchestre, une tromperie numérique dernier cri. Et puis ils vont rechercher des concerts en duo. Ils vont commencer dans cette salle-même, en cherchant le propriétaire, lui offrant de jouer pour la moitié de ce que demande le groupe de ce soir. Ils ne sont plus traumatisés par leur humiliation scénique, ils veulent se venger. Justice doit être rendue.
Comme il n’y a pas de place pour vous dans leur conversation, vous retournez vers les musiciens locaux. Par coïncidence, le propriétaire est en train de leur parler. Plus précisément, il est en train d’hurler. Il a les deux bras autour des épaules de deux bimbos bobos ravalées, un verre dans une main, un cigare dans l’autre. Il hurle parce que le dernier set n’a duré que trente minutes et n’a comporté que deux morceaux. Il leur rappelle que les chanteuses sont bonnes pour le business et rendent bien sur scène. Il leur fait savoir qu’ils ne peuvent en aucun cas pousser des cris de hara kiri et lancer des majeurs aux bobos. Ils leur lance comme ultimatum que s’ils foirent encore une fois, il va trouver un duo avec séquenceur et économiser de l’argent. Puis il disparaît avec les filles de la Silicone Valley dans son bureau. Il doit examiner certains chiffres.
Soudain, ce gig pourri devient très important pour les six musiciens. Ils regardent fixement leurs verres, l’air abattu. Ils peuvent déjà imaginer l’espace vierge sur leurs calendriers tous les mardis. Ils peuvent déjà entendre le silence douloureux des téléphones qui ne sonnent plus ; on ne veut plus d’eux, on n’a plus besoin d’eux. Ca fait mal d’être rejeté, même si c’est de l’enfer bobo. Et maintenant, leur univers tourneboulé, ils voient enfin ce qui est bien chez l’autre : un saxophoniste si follement amoureux de la musique, un pianiste doué d’une intelligence harmonique peu commune, un batteur qui se jette tête la première dans l’instant musical, un bassiste qui, débarrassé de tout ego, assure la pulsation de base, un tromboniste qui lutte pour surmonter le handicap d’un instrument inutile. Il est sûr que cette équipe magique ne peut être défaite aussi facilement. Entre eux s’installe un silence inconfortable, les bruits du bar résonnent comme dans un mauvais rêve. Vous n’osez pas parler. Que pourriez-vous dire ?
Quelques minutes après, le propriétaire du club émerge de son bureau. Il est maintenant seul, toujours un verre à la main. Il a de nouvelles exigences : un début plus tôt dans la soirée, une tenue vestimentaire identique, un maximum de deux verres par musicien. Les musiciens continuent de fixer leurs verres en silence, ceux qui sont assis s’affaissent plus près du bar. Pendant ce temps, la chanteuse et le nouveau ont repéré le propriétaire. Ils font le tour du bar pour l’approcher par derrière. Ils lui tapent sur l’épaule pour attirer son attention, puis lui parlent doucement à l’oreille. Les musiciens n’ont pas besoin d’entendre de toute façon. Ils savent exactement ce qui se passe.
Puis le proprio entraîne la chanteuse et le nouveau dans le groupe. Il est temps de discuter. "Bon," dit-il à l’orchestre. "Pouvez-vous me donner une seule bonne raison pour laquelle je n’engagerais pas ce duo mardi prochain ?" L’orchestre se tait. "Bon, d’accord." Il se tourne vers le duo, triomphal. "Donnez-moi une raison ou deux pour lesquelles j’aurais envie d’essayer quelque chose de différent." Il s’amuse. Il monte les musiciens les uns contre les autres, chapitre un du manuel du propriétaire de club. Il puise dans l’inconscient collectif des propriétaires de clubs, le ventre sordide de l’univers du jazz. Il tire sa force du karma mauvais et impressionnant des propriétaires de clubs autour du monde et au travers du temps. Le dédain pour les musiciens suinte par tous ses pores.
Mais il a sous-estimé le lien sacré qui unit tous les artistes de jazz, même ceux momentanément aveuglés par la vengeance. La chanteuse et le nouveau restent bouche cousue et refusent de parler. Le propriétaire commence à s’irriter. "Allez vous deux," dit-il. "La même m% !* que vous m’avez dite à l’oreille il y a deux minutes. Quelle différence ?" Mais ils restent silencieux et le propriétaire s’énerve. Il se tourne soudain vers vous. "Vous," dit-il. "Vous décidez, vous, l’observateur impartial. Vous qui tenez sérieusement cette merde de « Guide de la jam session ». Vous allez me dire qui je dois engager la semaine prochaine."
Vous feuilletez le guide frénétiquement et vous réalisez que cette section est encore en cours de rédaction. Il est temps de prendre les rênes, de puiser dans vos ressources et d’improviser. Vous regardez les musiciens locaux, ils fixent toujours leurs verres en silence. Pas question, ils ont merdé. Ils se sont montrés de manière flagrante impolis envers le nouveau et la chanteuse. Il n’y a pas cinq minutes, le saxophoniste vous a presque envoyé son poing à la figure. Aucun public ne les appréciera jamais un jour. Mais ils aiment vraiment la musique, ça vous en êtes sûr. Et ils ont besoin de ce boulot.
Vous vous tournez vers la chanteuse et le nouveau. Ils ne sont venus dans le club que pour faire de la musique. Ils ont fait de leur mieux et n’ont reçu en retour que moqueries et dédain. Mais maintenant ils essaient de casser les prix de l’orchestre et de lui voler son concert. Ils veulent polluer l’air déjà irrespirable avec une Muzak cancérigène.
Vous avez besoin de conseils. Que diraient Macha Béranger ou Mireille Dumas ? Que ferait Jésus ? Mais malheureusement, l’aide ne vient pas spontanément ; pas des personnalités de la radio, ni des guides spirituels.
T.C. : ne me regarde pas, tu es tout seul, mon pote.
Vous retournez la situation dans tous les sens. Votre regard se porte du propriétaire aux six musiciens, puis au duo. Le propriétaire est furieux, il vous lance des éclairs, tous les musiciens évitent votre regard, fixant leur verre, leurs chaussures ou le sol puant et poisseux.
Vous réalisez alors que ce n’est pas un combat musicien contre musicien, mais musicien contre propriétaire, artiste contre homme d’affaires cynique, l’art contre le commerce. Et cela va même plus loin, une représentation de la plus grand bataille d’archétypes : l’employé opprimé contre l’employeur affameur, Tiny Tim (sans ukulélé) contre Scrooge, le prolétariat contre la bourgeoisie. Un choix s’impose à vous.
Vous regardez le patron dans les yeux "Monsieur, vous êtes NUL," dites-vous d’un air dramatique. Vous vous frayez rapidement un chemin vers la scène, attrapez le micro qui porte encore les traces du rouges à lèvres de la chanteuse. "J’ai dit, VOUS ETES NUL !" hurlez-vous dans la sono. Le silence s’abat sur les bobos. Le barman éteint le mixeur, quelqu’un arrête le lecteur de CD. Vous pointez le propriétaire du doigt et répétez, plus doucement, "Il est nul."
Les bobos ricanent. On applaudit, d’abord de façon polie, puis c’est une franche ovation. Ils ont décidé que cela devait être un happening. Mais on a compris, et c’est génial. Confiant, vous retournez vers les musiciens, plaquez deux billets de vingt sur le bar et dites "A boire pour tout le monde. Sauf LUI." Vous pointez un doigt accusateur vers le propriétaire. Puis vous vous dirigez vers la sortie.
Vous vous sentez bien. Vous avez beaucoup appris sur les jam sessions cette nuit. Vous avez aussi, d’une seule main, déminé une situation explosive, et avec flair. Et on ne vous oubliera pas de sitôt. Jetant un regard par dessus votre épaule, vous voyez des bobos se rendant en masse vers la scène pour participer à cette nouvelle forme d’art. Un homme d’affaires d’âge moyen est au micro et désigne du doigt un de ses associés au fond de la salle. "Va te faire f% !*," beugle-t-il, générant rires et applaudissements. Il passe le micro à une jeune femme élancée qui pointe son doigt vers un jeune homme bovin près du bar. "Lèche-moi le CUL," gazouille-t-elle. C’est la folie dans la salle. La queue pour parler dans le micro grandit, formée de bobos avides de s’exprimer. Pendant ce temps, le groupe local est revenu subrepticement sur scène. Ils accompagnent et commentent à la fois cette situation surréaliste avec des beurps, des cris et des pets librement improvisés.
L’image finale que vous gardez de cette soirée, alors que la porte se referme derrière vous, est celle d’un critique assis à côté de la scène. Il prend des notes furieusement, euphorique d’assister à la naissance de la prochaine "New Thing." Il va louer la "spontanéité collective" des bobos, noter leur "intégration quasi-ellingtonienne de voix individuelles dans un tissu collectif." Il fera des parallèles entre votre création et le travail d’avant-garde des années 60, la décrivant comme "Ornette Coleman rencontre Laurie Anderson dans un cadre révisionniste pour le nouveau millénaire." Il notera une "nouvelle dynamique redéfinissant le public comme musicien et le musicien comme public." Il vantera les "éléments textuels directs et puissants." Il vous citera comme un "sculpteur du paradigme humain interactif, mu par le génie, venu là par hasard. "
Votre place dans l’histoire de la musique est assurée.
T.C. : besoin d’un manager ? Essayez l’annuaire de l’Union des Musiciens de Jazz, section "Trombones"...
Bill Anschell
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