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leonidas

a cote de la mer

je suis tout ok pour toute personne desirant faire une rencontre chaleureuse.
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ruliano90

rencontrons nous vite!

j'aime faire de nouvelles connaissances ausi agréable que chaleureuse!j'espère que vous n'hésiterez pas à me contacter!j'attend sur vous et qui sais,peut etre vous aussi attendez sur moi!A très bientot je l'espère très sincèrement!
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Célibataire
Kesselring

Vodka. N'ayez pas peur de mes maux.





La vodka, c'est bon, surtout glacée. C'est comme une pipe que vous taillerait une bonne soeur, c'est comme ***r une princesse ostrogoth. Et je peux vous dire que des verres de vodka, j'en ai bu ces derniers mois - peut-être même plus qu'on m'a taillé de pipes en un an, c'est dire.

Si je vous parle de la vodka, c'est parce que tout a commencé comme ça : j'étais chez moi, dans mon petit studio bien confortable (quoique mal chauffé), à tapoter connement un chapitre particulièrement raté de mon roman, lorsqu'Anne-Marie (Anne-Marie, déjà rien qu'à ce nom foireux j'aurais dû me méfier) a débarqué comme à son habitude (c'est à dire comme une cinglée) dans le dit logis, les jambes à peu près nues, l'air niais et un brin *** qu'on lui connaissait, une bouteille d'absolut à la main, un recueil d'Erofeev dans l'autre.

- Chéri, regarde ce que j'ai trouvé dans la rue, glapit-elle en levant les deux mains.

- La Vodka ou Erofeev ? Rétorquai-je, un brin irrité, sentant déjà les ennuis roussir comme de petits oignons sautés au cyanure.

Elle leva les yeux au ciel, feignant l'exaspération.

- T'es con ! La bouteille, je l'ai ramenée du Déchaîné, l'barman me l'a offerte ! L'bouquin je l'ai...

- Quel barman ? coupai-je, abandonnant pour de bon mon beau chapitre tout pourri.

Elle hésita une petite seconde, envoyant valser le malheureux Erofeev quelque-part près de la télé. Je repris.

-Celui que t'as sucé pour un crédit ou celui que tu laisses te peloter quand t'as un coup de trop ?

Bon, ça paraît violent, comme ça, mais il faut me comprendre, j'étais vraiment à bout avec cette idiote. Du reste, elle ne le prit pas trop mal.

- Je t'ai déjà dit que j'étai pas sûre de l'avoir sucé, je me souviens juste m'être réveillée un soir la tête sur sa braguette, c'est tout. Et puis merde, on était en pause quand c'est arrivé, je te rappelle. Et je me laisse plus toucher.

On était en pause quand c'est arrivé. En pause, ***. En RTT tant que t'y es. Dégoûté, je m'efforçai de chasser ces mauvaises pensées comme on tire la chasse et soupirai. Elle, finalement vexée à rebours, me tança.

- Et puis merde, tu me fais chier avec ça. Est-ce que je te harcèle avec ta petite *** qui t'écris des lettres, moi ?

-Entre sucer un barman et recevoir une lettre d'amitié, y'a tout un monde m'est avis.

Ses yeux fumèrent un moment, puis sa mâchoire se décontracta, et elle alla s'écrouler sur le canapé, me couvant du regard.

-Tu sais que j'ai pas fait exprès... Je t'aime mon chéri. Tu es toute ma vie.

Je manquai de m'étrangler. Je n'y pouvais rien : j'avais beau parfaitement savoir que j'étais le dindon de la farce, je fondais toujours autant quand elle me disait ça. Le sperme sécha sur le coin de ses lèvres, la marque laissée par les mains du barman s'effaçèrent de sa poitrine. J'avais mal, mais je l'aimais. Remarque con : on a mal parce qu'on aime, évidemment : vous l'aurez compris, je me faisais mener par le bout de la b(r)aguette. Mais ça ne devait plus durer très longtemps, et ça n'est pas l'objet de ce récit, pas d'inquiétude. J'éteignis l'écran, trop flemmard pour éteindre l'unité centrale, et allai la retrouver sur le canapé. Elle ronronna, se colla contre moi et soupira. Je me sentis plus amoureux que jamais, et pourtant je sentais que ce soir, ça ne se terminerait pas par une petite baise chaleureuse comme d'habitude. Je ne sais pas, c'était peut-être ce couteau qui traînait sur la table ou mon estomac déchiré de peine, ou autre chose, la couleur de l'air, qui virait merde, ou mon asthme qui éternuait. Quelque-chose comme ça.

Elle alla pour m'embrasser, la bouche pleine d'excuses et de salive ; je pris la bouteille de vodka, la débouchonnai d'un geste anormalement adroit, la fis boire. Elle s'étouffa un peu, prise d'une quinte de fou rire et d'une éternelle envie de se bourrer la gueule. Je repensais à cette bouche pleine du barman, sentant gémir ma rate, la refis boire d'un geste un peu violent, qu'ellle ne remarqua cependant pas. On passa peut-être une heure à s'embrasser et à descendre la bouteille. Nous étions assez frais à la fin, je ne vous le cache pas. C'est là que les choses ont commencé à mal tourner. Elle me serra violemment contre elle, me regarda de ses yeux humides, se mordit la lèvre.

- Je t'ai sûrement refilé le sida.

Sirène dans la nuit, deux d'artifices, peut-être au loin. Feux d'artifice en japonais, hana-bi, fleur de feu. C'est une fleur de feu qui s'épanouit en moi, comme un cancer.

-Aux vacances de Noël, j'avais été à cette soirée d'anniversaire... Tu te souviens que je n'avais pas répondu de la nuit.. Je t'avais dit que je m'étais endormie.. En fait...

-Ta gueule. N'en dis pas plus.

Elle voulu me serrer contre elle une fois de plus, mais je la rejetai. Je commençai à me sentir mal, la vodka, ou la condamnation à mort, ou la jalousie, la jalousie, je crois. Je marchai jusqu'à la fenêtre, adossé au mur, silencieux.

Je l'entendais pleurer. Au bout d'un moment, j'haussai les épaules.

- Ce n'est pas de ta faute. Tu n'as rien à te reprocher. Tu as toujours été comme ça, toujours été menteuse, et inconsciente. Une petite gamine. C'est entièrement de ma faute, j'aurais jamais dû rester avec toi, ça devait arriver. Je fis la sourde oreille à ses chialeries, me dirigeai jusqu'aux toilettes, m'enfonçai les doigts dans la gorge (le barman) jusqu'à gerber le demi-litre de vodka et quelques ex-macaronis bien odorants. En temps normal, je me serais effondré, j'aurais pleuré sang et eaux, sangloté la moitié de la nuit avant de lui pardonner et de lui dire que je l'aimais et toutes ces conneries. Mais pas cette fois-ci.

Je m'éclatai la tête contre le miroir, pour dissiper la migraine et marquer le coup. La moitié des conneries diverses entassées à côté se renverse, dentifrices, pilules, farine, sac de plâtre. Je retourne au salon, m'allume une cigarette, la regarde pleurer sur le sol, assez bandante comme ça, pour tout dire.

- Ca se soigne tu sais... parvient-elle à éructer entre divers gargouillis.

- Ouais.

- Je t'aime Amour... On mourra ensemble comme ça... Chéri....

Je me tins à la verticale, levai la tête et ouvris grand la mâchoire pour rire à gorge déployée. Il me fallut une minute entière pour me calmer.

- Le coup du romantisme noir. T'es complètement félée. Mais c'est touchant, venant de la part de quelqu'un qui vous a tué.

Je me sens de mieux en moi, curieusement. Plus fort. Comme soulagé de savoir ma vie terminée. Comme si le bon dieu venait de me confirmer que j'étais bel et bien perdu pour l'humanité. N'importe quoi.

J'allai la relever, lui claquant son beau petit cul. Elle avait les yeux grand'ouverts comme ceux d'une biche affolée. J'étouffais une bouffée de mépris et la tirai jusqu'à la salle de bain.

-Moi aussi j'aime le tralala gothique. Mais j'ai toujours été plus réaliste, tu le sais bien. Et puis ta gueule, chérie. C'est pas grave, c'est l'occasion pour moi de repartir à zéro, de faire quelque-chose de ma vie.

Since I cannot prove a lover to entertain these fair well spoken days, I am determined to prove a villain and hate the idle pleasures of these days, m'esclaffais-je. J'ai toujours aimé Shakesperare, et en particulier Richard III. C'est mon côté politique.

Anne-Marie semblait toujours paumée, toute rouge, toute cramoisie de honte et peine et tout ça. Mon estomac venait de crever, de sa charogne s'écoulait le fiel de mes angoisses. Rien de plus qu'une petite pluie de doutes.

Je fis couler l'eau, qui se mélangea au plâtre renversé. On aurait dit que je préparais des crêpes. Le miroir brisé me renvoya une curieuse image de nous, teintée de sang, presque convexe. Un curieux Moi, surtout.

J'aspirai tout le goudron possible de la clope et la recrachai dans l'eau.

-Qu'est-ce que tu fais... Je ... (chaos, je ne comprenais plus rien, je ne voulais plus rien comprendre. Le coeur serré malgré moi, mais animé d'un nouveau souffle, je la regardai enfin, avec amour. Nous échangeâmes un beau, un dernier sourire, et je plongeai sa tête exorbitée dans le lavabo, sa tête sculpturale dans l'eau qui deviendrait bientôt plâtre. Elle s'était toujours considérée comme une oeuvre d'Art, je lui donnai raison. Elle se débattit avec férocité, se trémoussant dans tous les sens. Je résistai à la tentation de lui sortir la tête de l'eau pour l'embrasser une ultime fois. Il faut rester sérieux, et puis ça lui aurait fait de la peine. Je ne voulais pas lui en voir, j'ai toujours été quelqu'un de foncièremet, d'extraordinairement gentil. Après quelques derniers sursauts, silence.

- Tu m'as tué, c'est mon tour. Romantique, ça doit te plaire quelque-part. Un mixte entre Romeo et Juliette et Le Nouveau Détective.

Je souris bêtement, content de mon mot, et m'échinai pendant un certain temps à la bloquer comme telle, jambes à demi écartées, tête enfoncée dans le plâtre, sorte d'autruche pornographique offerte au bon vouloir d'un martien pré-sidaïque.

A mon grand étonnement, je ne ressentis rien de plus d'un peu de peine. Ca ne faisait strictement rien d'ôter la vie d'un autre être humain. Pas plus que de renoncer à une belle idée. Il y aurait beaucoup à faire, le lendemain. Je la laissai tel quel, et allai me coucher.


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