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Célibataire
Kesselring

Lorsque.


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Lorsque je vais sortir, ce matin, le monde aura pris une autre couleur.
Il sera spectral, insidieux, mena&ccedil;ant. Je n'aurai pas la force pour grand-chose.
Juste l'envie de vomir.
Le seul avantage, à ces moments là, c'est justement de jouir d'une vision autre.
Ca m'inspire après-coup. J'ai l'imagination du pire, et l'allégorie facile ces jours-là.
Mais il faut refouler cette horreur. Sinon, elle s'empare de vous. Des heures décomposées, c'est extrêmement éprouvant. Des jours entiers, c'est un cauchemar. On finit par ne plus trop discerner l'allégorie du Réel. A mélanger. Dormir tout le temps. Ne plus dormir du tout. Les yeux comme des fours crématoires.
Il faut vomir l'Angoisse.
L'Angoisse détrempe la sueur et pourlèche les salissures. Pour &ccedil;a, armez-vous de courage.
Ou on vous met les doigts dans la gorge, où vous vous forcez tout seul. Vous y mettrez le temps.
Se réapproprier son Soi.
Héhé.
est-ce drôle.
L'humour aide énormément. Petit effet d'abîme.
L'Espoir, je ne sais pas trop. Il est toujours vivace chez moi, jamais ne s'éteint.
Mais je ne vous le conseille pas. C'est à cause de lui, tout &ccedil;a. Mais si vous avez le coeur
bien accroché, allez-y franchement.
Et puis écrivez, aussi.
ce qu'écrivent les gens en pleine rupture de soi, c'est souvent fascinant, pour peu qu'ils sachent écrire. Enfin, disons plutôt, pour peu qu'ils parviennent à cerner la chose qui les cerne eux.


Au début, on a tous regardé trop longtemps dans l'abîme.
L'abîme aussi a regardé en nous, évidemment.
Déphasage.
On ne s'en remet jamais.
Mais on peut apprendre à en tirer le bon parti.
Profiter de nos folies, en quelque-sorte.


S'amuser.
Je gueule.
Il y a pas mal de dépressifs.
Pourquoi si peu de bons textes dissociatifs ?
Peut-être parce qu'il y a trop de variables.
Pas grave.

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