La bête tapie dans l'ombre
Toujours tapie au fond de moi, la bête guette.
Je me retrouve séparé dans un appartement en sous-location à Paris. C'est un peu dur, mais j'ai un toit pas trop cher. Mes enfants sont restés avec leur maman à Montargis, je continue à payer l'emprunt de la maison et les impôts locaux. J'allais les voir un soir par semaine et un weekend sur deux, mais depuis que mon ex à un petit ami je ne suis plus le bienvenu, même si après avoir réexpliqué longuement mon point de vue, mon ex à compris pourquoi je ne voulais pas que son copain vienne passer les weekends dans la maison familiale. Je vois mes enfants en théorie deux weekends sur trois. C'est peu, je rate tout de leur quotidien, les petits chagrins, les devoirs, les histoires avec les copains.
J'avais espéré que cette situation de "zone neutre" (la maison) pourrait perdurer mais ce n'est pas possible. J'en souffre dans mon coeur (c'est trop dur de retourner là bas) et dans mon portefeuille (je ne peux pas me loger décemment en payant tout ça). Décembre 2008, je mettrai la maison en vente. Chacun reprendra ses billes et à bon entendeur ...
Je ne sais pas ce que je vais devenir. J'ai peur de l'avenir, j'ai peur de ne pouvoir, avec la moitié de mon capital, trouver un logement à Paris dans lequel je pourrais héberger mes enfants sans camper. J'ai peur d'être obligé de retourner en banlieue lointaine. J'ai passé 10 ans à faire des trajets lourds (au moins 2h aller) et je suis fatigué. Je voudrais ne pas vivre trop loin de mon travail. Avoir un peu de temps pour vivre. Je sais que par certains cotés je suis privilégié. Je ne dis pas ça pour me plaindre, c'est juste que je fatigue.
Coté coeur, je ne sais pas non plus ce que je vais devenir et cela m'inquiète également. Je connais une fille formidable avec qui j'essaye de recréer quelque chose et même si maintenant j'arrive à exprimer mon amour, il y a quelque chose de cassé. Dans ma première relation je m'étais livré sans restrictions, entièrement, j'étais vraiment parti sur "c'est la femme de ma vie", sur un "toujours". Maintenant que c'est devenu un "jamais", et même si j'arrive à avancer doucement, il y a une couche de protection qui s'est déposée à ma surface et qui m'empêche de me lancer complètement. Une peur de me replanter sûrement.
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